Trois cas de harcèlement sexuel examinés au ministère du Travail

C'est ce que révèle la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, dans une interview au "JDD" dans laquelle elle confie elle aussi avoir été victime de harcèlement sexuel lors de son premier emploi. 

Le ministère du Travail, à Paris, photographié le 23 octobre 2006.
Le ministère du Travail, à Paris, photographié le 23 octobre 2006. (DAMIEN MEYER / AFP)
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"On a été informés de trois cas, que l'on est en train d'examiner. Seuls 2 400 recours pour harcèlement sexuel ont été déposés à l'Inspection du travail ces trois dernières années". Dans une interview au JDD, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, révèle que trois cas de harcèlement sexuel sont examinés en ce moment dans son ministère.

Le journal a recueilli le témoignage d'une jeune inspectrice du travail. Cette dernière dit avoir fait face, pendant plusieurs mois, à des remarques insistantes comme : "Tu as du caractère, comme femme, ça me change de la mienne", ou encore : "Tu n'as pas peur de rester toute seule le soir au bureau avec moi ?" Avec une autre femme qui subissait aussi ce type de remarques, elle aurait profité d'une réunion pour alerter la hiérarchie, sans succès. Les deux femmes auraient fini par demander leur mutation. "L'inertie de nos responsables ne légitimait pas notre démarche, nos collègues étaient choqués qu'on dénonce ces faits plutôt que de régler ça entre nous", raconte-t-elle au JDD.

Muriel Pénicaud victime de harcèlement sexuel

Les syndicats, contactés par le journal, évoquent davantage de cas de harcèlement. "Ce sont des questions taboues, y compris chez nous, regrette Julie Court, membre CGT du CHSCT du ministère. Même celles qui viennent nous voir l'ont intériorisé comme faisant partie de la vie des femmes et ont peur des représailles."

La ministre du Travail confie au JDD avoir elle aussi été victime de harcèlement sexuel. Elle dit y avoir été confrontée "lors de [son] premier emploi dans le secteur public", quand elle "était jeune". "Tout comme 80% des femmes de mon entourage qui font face au sexisme ordinaire", ajoute-t-elle.