Happening devant Benetton pour que la loi "Rana Plaza" devienne effective

Deux ans après le drame, le groupe Benetton vient de verser deux millions de dollars au fond d'indemnisation des victimes du Rana Plaza, alors qu'il en aurait cinq, selon le collectif Ethique sur l'étiquette qui a organisé vendredi matin une manifestation devant un magasin de la marque italienne à Paris. Il voulait rappeler aux multinationales du textile "leur responsabilité à agir".

(Happening devant Benetton Bd Haussmann © Mathilde Lemaire / RF)
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Radio France

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Il y a deux, le Rana Plazza s'effondrait au Bangladesh, causant la mort de 1.138 ouvriers et en blessant plus de 2.000. Suite à une plainte du collectif Ethique sur l'étiquette et de deux autres organisations, le distributeur français Auchan a participé au fond d'indemnisation. La marque italienne Benetton aura, elle, mis quatre mois de plus pour y participer. Mais comme il manque, d'après le collectif, encore six millions sur les 30 "nécessaires pour assurer une indemnisation juste et complète des victimes" , le collectif a tenu à organiser ce happening devant la société Benetton " pour rappeler aux multinationales du textile et au gouvernement français leur responsabilité à agir" .

 

Du point de vue juridique et politique, "le dossier n'avance pas",  explique Nayla Ajaltouni, la coordinatrice d'Ethique sur l'étiquette. "Deux ans après le drame du Rana Plaza, il n'existe pas, aujourd'hui, de responsabilité entre une maison mère, un donneur d'ordre et sa chaîne de sous-traitance. Deux ans après le drame, les multinationales peuvent continuer à produire dans des conditions déplorables au Bangladesh comme ailleurs. Il y a cependant une loi historique qui a été votée en première lecture à l'Assemblée nationale de 30 mars dernier. Il faut maintenant qu'elle soit inscrite à l'ordre du jour du Sénat pour mieux réguler l'activité de ces entreprises."

"Des parlementaires ont été extrêmement engagés sur cette loi qui s'appelle Devoir de vigilance mais que l'on appelle aussi Rana Plaza"

Cette loi "vise à imposer aux multinationales un plan de vigilance pour identifier les risques en matière de droits humains et de droits de l'Homme que pourraient causer leurs activités à l'étranger. Ce premier vote à l'Assemblée nationale a été une vraie victoire soutenue par les ONG et 4 grandes confédérations syndicales. Il faut désormais qu'elle puisse être effective pour éviter non seulement des Rana Plazza mais aussi d'autres drames comme l'Erika ou la catastrophe de Bhopal."

Nayla Ajaltouni : "Il faut malheureusement encore aujourd'hui des catastrophes et des mobilisations citoyennes considérables pour que les marques avancent."

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A voir aussi : un reportage multimédia interactif réalisé en collaboration entre France Culture et France Inter.