"Hollande démission ! Dictature ! Ta loi, on n'en veut pas." Les cérémonies de commémoration du 11-Novembre ont été perturbées, lundi, par des dizaines de manifestants, sur les Champs-Elysées, à Paris. Selon la préfecture de police, soixante-treize personnes ont été interpellées.

Que s'est-il passé ?

Peu après 11 heures du matin, François Hollande clôture les cérémonies du souvenir, au pied de l'Arc de triomphe. Il remonte alors en voiture, pour redescendre les Champs-Elysées et rejoindre le palais présidentiel. Le cortège est alors copieusement hué par des manifestants.

Parmi eux, selon des journalistes présents sur place, se mélangent des membres du Printemps français, un mouvement hostile au mariage des homosexuels, et des militants du mouvement des "Bonnets rouges", qui réclament la suppression de l'écotaxe. Plusieurs protestataires brandissent des drapeaux français, l'un d'eux un drapeau breton. Ces perturbations ont suscité des réactions outrées parmi les spectateurs.

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Un peu plus tôt dans la matinée, le candidat FN à la mairie de Paris, Wallerand de Saint-Just, flanqué d'une vingtaine de soutiens, a tenté d'approcher l'Arc de triomphe. "Ils ont été interpellés sans justification, sauf Wallerand de Saint-Just, qui voulait se joindre à eux, livre son adjoint Edgar Hamet, joint par francetv info. Les CRS lui ont dit 'Pas vous'. Une tête de liste aux municipales, ça aurait fait beaucoup plus de bruit, ils n'ont pas osé." Dans un communiqué, Wallerand de Saint-Just a dénoncé des arrestations "arbitraires, inacceptables et scandaleuses".

Quelles réactions ?

En fin de matinée, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a promis "la plus grande sévérité" contre "quelques dizaines d'individus (...) liés à l'extrême droite, au Printemps français, au Renouveau français". Des opposants "qui voulaient s'en prendre à la France, à la Nation, à la République". "Ça suffit ! Le 11-Novembre est un moment unique de rassemblement", a-t-il ajouté.

(FRANCE 2)

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Harlem Désir, a pour sa part "condamné avec la plus grande fermeté les désordres provoqués par des extrémistes". "Ces troubles organisés à l’occasion d’une journée de commémoration et d’unité nationale sont totalement indécents et insupportables : en venant troubler un moment d'hommage à nos soldats, ces extrémistes ont insulté notre mémoire nationale", a-t-il ajouté, dénonçant des "actes anti-patriotiques et anti-républicains".

A droite, la secrétaire générale déléguée de l'UMP, Valérie Pécresse, a dénoncé des "huées franchement déplacées, car en ce jour de mémoire et d'hommage à nos morts, François Hollande représente la République". "La colère des Français est immense (...) mais le moment ne s'y prête pas", a lui aussi déploré l'ancien ministre Hervé Morin.

Plusieurs personnes huent le président de la République, François Hollande, à son passage sur les Champs-Elysées, le 11 novembre 2013, en marge des commémorations de l'armistice de 1918.
Plusieurs personnes huent le président de la République, François Hollande, à son passage sur les Champs-Elysées, le 11 novembre 2013, en marge des commémorations de l'armistice de 1918. (LCHAM / SIPA)