Un mineur euthanasié pour la première fois en Belgique

Le royaume est le seul pays au monde à autoriser des mineurs à choisir d'abréger leurs souffrances, sous certaines conditions, mais sans limite d'âge.

Un \"kit d\'euthanasie\" le 18 avril 2005 à Bruxelles (Belgique).
Un "kit d'euthanasie" le 18 avril 2005 à Bruxelles (Belgique). (ETIENNE ANSOTTE / BELGA / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Pour la première fois, un mineur a été euthanasié à sa demande en Belgique. L'adolescent, dont l'âge n'a pas été précisé, souffrait d'une maladie en phase terminale. Le journal néerlandophone Het Nieuwsblad a révélé l'information samedi 17 septembre. 

Le président de la Commission fédérale belge de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie a souligné au quotidien que ce cas de figure demeurait exceptionnel et réservé aux cas désespérés. "Il n'y a heureusement que très peu d'enfants qui rentrent dans ces critères, mais cela ne signifie pas que nous devrions leur refuser le droit à une mort digne", a-t-il déclaré.

Les parents doivent donner leur consentement

La Belgique est le seul pays au monde à autoriser, sans limite d'âge, des mineurs "en capacité de discernement" et atteints d'une maladie incurable à choisir d'abréger leurs souffrances, et ce depuis une modification de la loi sur l'euthanasie adoptée en février 2014. Aux Pays-Bas par exemple, cette possibilité existe, mais le seuil est fixé à 12 ans.

La loi belge énonce que le mineur devra se "trouver dans une situation médicale sans issue entraînant le décès à brève échéance", être confronté à une "souffrance physique constante et insupportable qui ne peut être apaisée et qui résulte d'une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable". L'enfant ou adolescent doit prendre l'initiative de la demande, étudiée par une équipe médicale et un psychiatre ou psychologue indépendant. Les parents doivent également donner leur consentement.

Une loi controversée

Le vote en 2014 avait causé une vive controverse en Belgique, pays de tradition catholique. Mais il était passé, malgré l'opposition de certains pédiatres et de la hiérarchie catholique. A l'époque, l'auteur de la loi, un sénateur socialiste, avait expliqué qu'il fallait aussi répondre au souhait des pédiatres et infirmiers confrontés à la "souffrance insupportable" d'enfants, à laquelle ils ne pouvaient répondre que dans l'illégalité.