Espoir brisé pour six Afghanes qui voulaient présenter leur robot aux Etats-Unis

Elles ont traversé le pays à deux reprises pour formuler une demande de visa et participer au First Global Challenge, un prestigieux concours de robotique organisé à Washington. En vain.

L\'équipe d\'Afghanistan du concours FIRST Global Challenge.
L'équipe d'Afghanistan du concours FIRST Global Challenge. (FIRST GLOBAL)
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A deux reprises, six jeunes inventrices de la ville afghane d'Herat ont parcouru plus de 800 kilomètres à travers le pays afin de se rendre à l'ambassade des Etats-Unis, à Kaboul, et tenter d'obtenir l'autorisation de participer au concours de robots First Global Challenge, qui aura lieu du 16 au 18 juillet à Washington. Las. Malgré leur prise de risque et leurs efforts, elles n'ont pas obtenu de visa, raconte Forbes (en anglais), qui relate leur aventure contrariée.

"Un message important pour l'Afghanistan"

"Elles ont pleuré toute la journée", témoigne Roya Mahboob, fondatrice de la compagnie Citadel, première femme en Afghanistan à occuper le poste de PDG d'une société de technologie. Cette démarche était pourtant "un message très important pour notre peuple, ajoute-t-elle. La robotique est quelque chose de très, très nouveau" dans le pays. De retour à Herat, cette équipe afghane (en anglais) s'est toutefois remise au travail pour terminer son robot, un trieur de boules, qui, lui, ira concourir à Washington avec 163 engins venus de toute la planète.

Avant même ces problèmes de visa, ces jeunes scientifiques ont également dû se battre contre le temps. Alors que les autres équipes du monde entier ont reçu leur matériel en mars, les jeunes filles ont dû patienter pendant de longs mois au printemps, car les fournitures du concours étaient bloquées par les douanes. Les autorités craignaient en effet que ces équipements ne tombent entre les mains du groupe Etat islamique et soient utilisés sur une zone de combat.

Un robot conçu avec du matériel de récupération

Avec un sens aigu de la débrouille, les six adolescentes ont donc développé leur machine motorisée avec du matériel de récupération, à la maison, avant de récupérer le matériel fourni par l'organisation il y a seulement trois semaines. Elles ont pu terminer à temps, en bénéficiant à distance d'un coup de pouce d'étudiants en robotique de l'université californienne de Carnegie-Mallon. Elles résument leur état d'esprit sur la page de présentation qui leur est consacrée sur le site du concours.

Nous voulons changer les choses. La plupart des progrès dans les sciences, la technologie et d'autres industries débutent souvent par le rêve d'un enfant de réaliser quelque chose d'extraordinaire. Nous voulons être cet enfant et poursuivre nos rêves pour faire changer les choses.

Equipe d'Afghanistan

Page de présentation du concours FIRST Global

Interrogé par Mashable (en anglais), le président du concours First, Joe Sestak, a fait savoir qu'il regrettait que ces "courageuses jeunes femmes" n'aient pas l'occasion de rejoindre les autres étudiants à Washington. Elles pourront tout de même défendre leurs chances en présentant leur petit robot lors d'une conférence vidéo. Jusqu'à preuve du contraire, cette solution, elle, ne requiert pas de visa.