Universités françaises : "Malheureusement, nos qualités ne sont pas reflétées dans le classement de Shanghai”

Gilles Roussel, président de la Conférence des présidents d’université et de l'université Paris-Est-Marne-la-Vallée, a réagi mardi à la publication du palmarès mondial des universités, où la France se classe très mal. 

Bâtiment de l\'université Paris-Est-Marne-la-Vallée. 
Bâtiment de l'université Paris-Est-Marne-la-Vallée.  (GOOGLE MAPS)
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Le classement de Shanghai, palmarès mondial des universités, a été publié mardi 15 août. Les universités américaines occupent 16 places du top 20. Seules trois universités françaises sont présentes dans le top 100, et la première, Pierre-et-Marie-Curie (Paris), pointe à la 40e place.

Gilles Roussel, président de la Conférence des présidents d’université et président de l'université Paris-Est-Marne-la-Vallée, a regretté sur franceinfo que les qualités du système universitaire français ne soient pas "forcément reflétées". Il assure que le classement n’est qu'un "critère parmi d’autres" pour attirer les meilleurs doctorants à l'international.

franceinfo : attendez-vous ce classement chaque année avec impatience ?

Gilles Roussel : C’est le marronnier du 15 août. Ce n’est pas un classement sur lequel les universités fondent toute leur politique, mais c’est vrai que d’années en années, il devient important de s’assurer que les universités françaises restent bien classées.

Pourquoi les universités françaises n’apparaissent pas dans le haut du classement ?

Ce classement est basé principalement sur des critères qui sont ceux des établissements anglo-saxons. Ce n’est donc pas une surprise si on retrouve aux meilleures places les universités américaines ou anglaises. Le système français s’est bâti sur un autre modèle, et malheureusement nos qualités ne sont pas forcément reflétées dans le classement de Shanghai. C'est surtout parce qu’on sépare d’un côté les universités et de l’autre les organismes de recherche comme le CNRS, qui attirent d'excellents chercheurs mais qui ne sont pas, de fait, des membres des universités.

Quelle est l’influence de ce palmarès de Shanghai ?

Il ne faudrait pas que du jour au lendemain, une université comme Pierre-et-Marie-Curie ou Paris-Sud, qui sont les mieux classées, dégringolent. Pour les étudiants de niveau licence, le classement a peu d‘importance. C’est plutôt au moment où les jeunes vont faire un doctorat ou un post-doctorat qu’ils vont le regarder. Mais ce qu’ils vont regarder principalement, c’est la qualité des chercheurs. Aujourd’hui, le CNRS a attiré les meilleurs doctorants ou post-doctorants. Le classement est un critère parmi d’autres, mais ce n’est pas le seul. On continue à être au meilleur niveau dans un certain nombre de domaines.

"Ce classement est basé principalement sur des critères qui sont ceux des établissements anglo-saxons." Gilles Roussel, président de la Conférence des présidents d’université et de l'université Paris-Est-Marne-la-Vallée à franceinfo
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