Enseignement de l'allemand : "On crée des inégalités territoriales" avec les classes bilangues

Le maintien ou la suppression des écoles bilangues sera finalement décidé, par chaque recteur d'académie. Nous avons recueilli la réaction de Thérèse Clerc, de l'Association pour le développement de l'enseignement de l'allemand.

Le ministère de l'Education nationale a dévoilé la carte des langues pour la rentrée 2016, le 22 janvier 2016.
Le ministère de l'Education nationale a dévoilé la carte des langues pour la rentrée 2016, le 22 janvier 2016. (MAXPPP)
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De l'allemand dès la primaire et davantage de collèges qui proposent l'allemand en LV2. Dans la présentation de son plan pour les langues vivantes pour la rentrée 2016, le ministère de l'Education nationale insiste sur "un effort exceptionnel en faveur de l'apprentissage de l'allemand", vendredi 22 janvier. Mais sur le maintien ou la suppression des classes bilangues, mesure-clé de la réforme des collèges qui a suscité une forte mobilisation des enseignants, la communication du ministère est beaucoup plus floue. Francetv info a interrogé Thérèse Clerc, présidente de l'ADEAF, association  pour le développement de l'enseignement de l'allemand.

Francetv info : Les suppressions de classes bilangues sont moins importantes que ce qui était prévu. Etes-vous satisfaite de cette annonce ?

Thérèse Clerc : La communication est peut-être brillante, mais nous voyons surtout les suppressions. Et il y a des suppressions partout, sauf à Paris. Cela varie en fait beaucoup d'une académie à l'autre puisqu'on a laissé le choix du maintien des classes bilangues entre les mains des recteurs. On crée des inégalités territoriales. En moyenne, il y a 30% de suppressions de classes, mais dans certains endroits, c'est beaucoup plus. Dans l'académie de Caen, on passe d'une soixantaine de classes à seulement 3.

Des classes bilangues seront pourtant créées dans les collèges REP (réseaux d'éducation prioritaire) ?

Je suis très contente que les REP bénéficient de classes bilangues. Cela montre bien que c'est un bon système. Alors, si c'est utile pour les élèves, pourquoi on supprime des classes ailleurs ? Nous, on souhaite que ces classes bilangues soient au contraire généralisées partout.

Le ministère insiste aussi sur l'apprentissage de l'allemand dès la primaire. Cette mesure va dans votre sens ?

Sur le primaire, cela soulève justement beaucoup d'interrogations. On ne sait pas comment cela va être mis en place, quels élèves vont vraiment être concernés. On ne sait pas non plus qui seront les professeurs qui interviendront dans les classes et avec quels moyens.