Réforme des collèges : le latin et le grec vont "mourir"

Le Conseil supérieur de l’Education a rendu vendredi un avis positif sur la réforme du collège voulue par le gouvernement. Parmi les nouveautés, un volet inquiète particulièrement les profs de latin et grec qui redoutent la disparition de leur enseignement.

(La réforme des collèges de 2016 va toucher le latin et le grec © MaxPPP)
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Dans la réforme du collège pour 2016 présentée vendredi pour avis au Conseil supérieur de l'éducation, le latin et le grec ne sont plus des options. Ces matières sont en quelque sorte rétrogradées en  enseignements dits "de complément", pris sur les heures de cours en demi-groupes. Les langues anciennes pourraient aussi se retrouver dans la case d’un hypothétique enseignement pratique interdisciplinaire de civilisations. Dans les deux cas, le choix sera laissé au bon vouloir des chefs d’établissements.

La "mort" programmée des langues anciennes

Actuellement, les élèves peuvent suivre deux heures de cours de latin par semaine en 5e puis trois heures en 4e et en 3e. Ils peuvent même ajouter trois heures de grec en dernière année de collège. En 2016, le bouleversement du schéma selon la réforme du gouvernement prévoit une réduction des horaires et même un choix cornélien par les élèves puisqu'ils devront choisir entre le latin et le grec. François Martin représente la coordination des enseignants de langues anciennes, des langues dont il prévoit l’enterrement.

"Là, c’est la mort du grec assurée puisqu’on propose un seul enseignement complémentaire. Et le latin va mourir très rapidement derrière puisqu’on ne va pas avoir les moyens d’ouvrir ces enseignements complémentaires, sauf peut-être dans quelques établissements privilégiés."

Une enseignante en classe préparatoire, Véronique Ciréfice, renchérit sur le symbole atteint, celui du "berceau de nos civilisation s".

"Les langues anciennes c’est le moyen de souder des populations, notamment d’origine diverses. Et c’est autour de cela que se construit une culture commune."

Vers la disparition des langues anciennes ? Le reportage de Célia Quilleret
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Pour ces enseignants soutenus par des intellectuels comme Régis Debray, le gouvernement ne mesure pas les conséquences de cette réforme. Une pétition pour sauver le latin et le grec a déjà recueilli près de 30.000 signatures.