Mathématiques : comment les idées reçues changent-elles le cerveau des filles ?

France 2 s'intéresse à un programme de recherche mené sur le cerveau des filles. Sont-elles vraiment moins bonnes en maths que les garçons ?

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À Polytechnique ou dans les autres grandes écoles scientifiques, les femmes sont très peu représentées. Est-ce le poids de la culture ou les filles sont-elles tout simplement mauvaises en maths ? Ces stéréotypes pourraient en tout cas être si bien ancrés dans le cerveau des filles que celles-ci y arrivent moins bien. À Lyon (Rhône) dans le laboratoire du Cermep, on étudie le cerveau des filles. Pendant un an, ce cerveau a été disséqué par les chercheurs du CNRS. Filles et garçons, installés dans un RIM, résolvent des équations mathématiques. Pas de différence ou presque pour un calcul difficile. Mais lors du calcul suivant, une simple petite phrase concernant les différences de performances entre les hommes et les femmes pour les mathématiques perturbe le cerveau des filles.

L'éducation pour seul traitement

Les idées reçues sur les filles qui n'ont pas la bosse des maths finissent par changer leur cerveau, y faire naitre une émotion négative qui leur fait perdre leur moyen. "C'est vraiment une région qui est spécialisée dans le traitement des émotions, notamment l'inhibition des émotions. C'est-à-dire qu'elles essaient de ne pas ressentir ce message émotionnel, mais ça ne marche pas très bien.", explique Fabien Schneider, chercheur en imagerie médicale. Et lorsque le stéréotype est activé, effectivement, le score des filles est largement inférieur à celui des garçons. "Dans les environnements où plane l'idée d'une différence entre les hommes et les femmes et bien entendu à la faveur des hommes, elles font moins bien que ce qu'elles devraient faire en réalité", commente Pascal Huguet psychologue et chercheur au CNRS. Ainsi, sans ces stéréotypes, les performances des filles seraient bien meilleures. Ce n'est qu'en famille et à l'école qu'on pourra les éradiquer.

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Philip Kennedy a étudié son propre cerveau en se faisant implanter des électrodes en 2014. (Photo d'illustration)
Philip Kennedy a étudié son propre cerveau en se faisant implanter des électrodes en 2014. (Photo d'illustration) (GERI LAVROV / FLICKR RF / GETTY IMAGES)