"Un garçon m'a soulevé la robe" : des enfants témoignent lors de la Journée de lutte contre le harcèlement à l'école

Jeudi 9 novembre a lieu la troisième Journée de lutte contre le harcèlement à l'école. Des enfants et des adolescents ont témoigné auprès de franceinfo des situations qu'ils ont pu vivre.

La troisième Journée de lutte contre le harcèlement à l\'école se déroule le 9 novembre 2017 en France. (Photo d\'illustration)
La troisième Journée de lutte contre le harcèlement à l'école se déroule le 9 novembre 2017 en France. (Photo d'illustration) (MAXPPP)
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Solenne Le HenRadio France

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La troisième Journée de lutte contre le harcèlement à l'école se déroule jeudi 9 novembre en France. Selon les chiffres du gouvernement, publiés l'an dernier, 700 000 élèves seraient harcelés. Cette journée de sensibilisation se tient cette année dans le contexte de la libération de la parole des femmes victimes d'agressions et de harcèlement sexuels, à la suite de l'affaire Harvey Weinstein, producteur américain accusé par de nombreuses femmes. 

Les violences sexuelles ont aussi lieu à l'école. "Un garçon qui m'a soulevé la robe", "des mecs qui touchent les fesses"... Des élèves racontent ces scènes fréquentes, parfois banalisées, de harcèlement ou d'agression au sein même du milieu de l'éducation. 

Parfois de lourdes conséquences pour les femmes

"J'étais en robe et un garçon m'a soulevé ma robe", témoigne une adolescente. "À la piscine, quand on s'habillait ou on se déshabillait, [les garçons] étaient tous en train de nous regarder", confie une autre. Une troisième fille parle de "garçons qui étaient de vrais obsédés" et de "mecs qui touchent les fesses".

Ces comportements "ne sont pas des jeux. Ce sont des violences sexuelles", prévient Muriel Salmona, psychiatre et psycho-traumatologue. "Ces actes sexuels" peuvent avoir "des conséquences très graves. Cinquante ans après, il y a des études qui l'ont démontré, cela peut être un facteur de risque de suicide, de dépressions à répétition, de troubles anxio-dépressifs, de troubles psycho-traumatiques avec des souffrances", poursuit la spécialiste.

Des filles "formatées à devoir supporter ça"

Les jeunes adolescentes interrogées par franceinfo minimisent souvent les actes dont elles sont victimes. "Les garçons, ça ne m'étonne pas qu'ils font ça, ils ont un côté pervers". Et les garçons eux-mêmes banalisent la situation. "C'est normal de découvrir l'autre sexe, quand on est enfant, on a envie de savoir, on a envie de connaître les filles", explique un adolescent.

Pour Muriel Salmona, "les filles sont formatées à devoir supporter ça parce que les garçons seraient comme ça. Non, les garçons ne sont pas comme ça, ils se permettent d'être comme ça, parce qu'on leur tolère d'être comme ça. Ce qui est reproduit par les garçons, ce sont des actes adultes et des violences sexuelles d'adulte. Donc il y a vraiment une nécessité d'éduquer tout le monde", conclut Muriel Salmona. Eduquer les garçons, éduquer aussi les adultes pour que ces agressions entre enfants ne soient plus tolérées, excusées ni même, comme parfois, encouragées par les parents.

Le reportage de Solenne Le Hen
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