"Cela a duré trois mois et ça lui a valu quatre années de dépression" : une mère raconte le calvaire de sa fille harcelée à l'école

Dépression, boulimie, tentatives de suicide... Isabelle Paolini raconte, au micro de franceinfo, comment quelques mois de "moqueries répétées" à l'école ont pourri la vie de sa fille pendant plusieurs années.

La troisième Journée de lutte contre le harcèlement à l\'école se déroule le 9 novembre 2017 en France. (Photo d\'illustration)
La troisième Journée de lutte contre le harcèlement à l'école se déroule le 9 novembre 2017 en France. (Photo d'illustration) (MAXPPP)
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À l'occasion de la troisième Journée de la lutte contre le harcèlement à l'école, jeudi 9 novembre, franceinfo a recueilli le témoignage d'Isabelle Paolini, dont la fille a vécu un véritable calvaire qu'elle raconte dans le livre Harcelée à l’école, doubles peines. Une mère et sa fille racontent (éditions La boîte à Pandore). 

Il y a quelques années, "à l'époque où le harcèlement n'était pas un délit, ma fille a été l'objet de moqueries répétées que ce soit sur son blog ou à l'école", raconte Isabelle Paolini.

Cela a duré trois mois et ça lui a valu quatre années de dépression avec les TOC [troubles obsessionnels compulsifs], la boulimie, les tentatives de suicide.

Isabelle Paolini

à franceinfo

Cette mère ne repère pas tout de suite les problèmes chez sa fille. "Les enfants ne parlent pas, ils ont honte et c'est bien le problème." C'est grâce à la mère d'une amie de sa fille qu'elle va découvrir ce qui se passe et qu'elle réussit à parler à sa fille.

Ces trois mois de harcèlement lui ont gâché "quatre années de sa vie scolaire et personnelle, quatre années très fondatrices", explique-t-elle.Face à la situation de sa fille, Isabelle Paolini a dû lutter contre le milieu éducatif. "On n'avait pas envie que cette histoire s'ébruite, donc il a fallu exercer une certaine pression. Il y a quelques conseils de discipline qui ont été organisés, quelques sanctions prises, mais pas à la mesure du problème", regrette-t-elle

Au final, c'est ma fille qui a été obligée de changer d'établissement parce que suite au harcèlement, il y un ostracisme. L'enfant est isolé et mis à l'écart.

Isabelle Paolini

à franceinfo

Pour lutter contre le harcèlement à l'école, des référents en milieu scolaire ont été mis en place. "Ce qui me semble absolument majeur, c'est la vigilance et la détection. Je crois que les autres enfants sont volontaires pour exercer cette vigilance, qu'elle soit exercée par le corps enseignant, est très important, insiste Isabelle Paolini. On ne peut pas compter sur les enfants victimisés, brimés, moqués pour parler eux-mêmes."

"Cela a duré trois mois et ça lui a valu quatre années de dépression" : une mère raconte le calvaire de sa fille harcelée à l'école
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