Evaluations CM2 : un enseignant désobéissant suspendu

Il croit si peu à la pertinence des évaluations nationales telles qu’elles sont organisées par le ministère de l’Education, que ce maître d’école de Haute-Vienne a décidé de les organiser "à sa sauce". L’enseignant a été immédiatement suspendu, et convoqué avant d’être éventuellement sanctionné…

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Gilles Lehmann est l’un des signataires de "L’Appel des 200 maîtres", une mobilisation de 200 instituteurs pour le boycott – total ou partiel – des évaluations nationales de CM2, organisées cette semaine. Dans sa classe de Condat-sur-Vienne, ce maître d’école a décidé de mettre "à sa sauce" le processus d’évaluation.

Immédiatement suspendu de ses fonctions, le temps des évaluations, Gilles Lehmann est convoqué vendredi par l’inspecteur d’académie qui jugera de l’opportunité d’engager une procédure disciplinaire. "Il a faussé le sens de l’évaluation (…) il l’étale sur trois semaines alors qu’elle est prévue sur trois jours. Elle n’a donc plus de signification car elle n’a de sens que si tous les élèves la font dans les mêmes conditions", justifie Jean-Pierre Gainand.

"L’époque de Vichy"

"Doit-on comprendre que le ministre a décidé de sortir bientôt de leur classe manu militari les milliers d’enseignants qui, d’une façon ou d’une autre, refusent de mettre en œuvre le protocole national (au moins 30% de la profession l’an dernier ? ", s’interroge dans un communiqué "L’appel des 200 maîtres". Le collectif n’y va pas à demi mot, dénonçant un "acte odieux sans précédent depuis l’époque de Vichy" .
_ Les "200 maîtres" rappellent que la suspension immédiate d’un enseignant est utilisée pour "des choses gravissimes (…) violences, pédophilie, alcoolisme".

Les quelque 790.000 élèves de CM2 sont évalués cette semaine en français et en mathématiques. Ces tests, organisés sur trois jours, doivent permettre de connaître leurs acquis avant le passage en classe de sixième.

"L’Appel des 200 maîtres" s’oppose à ce dispositif d’évaluation, car il vise, selon eux, à "évaluer en milieu d’année scolaire une année entière, qui plus est sur des nouveaux programmes récemment imposés".
_ Le collectif, cependant favorable à des "évaluations bien faites" , appelle les enseignants du primaire à "s’opposer selon les modalités de leur choix : boycott, simple passation des compétences déjà travaillées, notation plus intelligente, autre usage des documents".

Gilles Halais, avec agences