En dix ans, les ados sont devenus plus stressés

De 2005 à 2014, les jeunes ont beaucoup perdu en insouciance, selon des enquêtes annuelles Ipsos pour une firme pharmaceutique.

Deux adolescents consultent leur ordinateur et smartphone, à Paris, le 5 août 2015.
Deux adolescents consultent leur ordinateur et smartphone, à Paris, le 5 août 2015. (NATHAN ALLIARD / PHOTONONSTOP AFP)

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"Inquiets" serait peut-être excessif. Mais les adolescents français sont au moins "stressés". L'institut Ipsos a compilé les données issues de dix ans d'enquêtes, de 2005 à 2014, pour le compte de la fondation Pfizer pour la santé de l'enfant et de l'adolescent. Les résultats de cette étude sont publiés mercredi 13 janvier et repris par Le Parisien

Principal enseignement : en 2014, les 15-18 ans étaient 47% à se dire "souvent sous pression", soit huit points de plus qu'en 2005 (35%). Mais, dans le détail, ce sentiment a baissé depuis 2011, où on constatait un pic à 56%.

Une augmentation des actes suicidaires

Plus inquiétant, dans une interview au Figaro, la psychologue Marie Choquet relève qu'"il y a eu une augmentation des actes suicidaires entre 1993 et 2011, en particulier chez les plus jeunes, fortement liée à la pression du milieu familial et scolaire". En cause, selon elle, "la société d'excellence" dans laquelle évoluent les jeunes : "Il faut être parfait partout. On demande aux adolescents d'être les premiers non seulement à l'école mais dans tous les domaines, y compris dans leurs loisirs."

Elle note aussi que les filles "semblent plus fragiles que les garçons", "plus angoissées, plus sujettes aux tentatives de suicide, aux troubles des comportements alimentaires et moins sûres d'elles". 

Mais 9 ados sur 10 se sentent bien dans leur tête

Tout n'est pas si noir puisque 86% des adolescents savent à qui s'adresser quand ça ne va pas. Pratiquement la même proportion assure pouvoir "facilement parler avec ses parents", toujours selon Le Parisien. Ce qui peut parfois jouer un rôle sur le stress des adolescents : "C'est aussi l'occasion pour les adultes de transmettre et diffuser leurs propres inquiétudes", précise Marie Choquet. 

L'enquête Ipsos/Pfizer pour 2015 donne néanmoins une vision plus positive de l'état d'esprit des adolescents : ils s’estiment bien dans leur corps (à 90%), bien dans leur tête (92%) et en bonne santé (93%). Par ailleurs, ils sont 72% à estimer se sentir bien à l’école et 72% sont le plus souvent satisfaits de ce qui leur arrive. 

L'étude a été menée sur 801 adolescents de 15 à 18 ans selon la méthode des quotas.