CE2 : les mauvais élèves sont plus nombreux qu'en 1999

Le niveau général des élèves de CE2 a baissé en 14 ans, surtout en orthographe et en vocabulaire, ainsi qu'en résolution de problèmes mathématiques, selon une enquête publiée ce mardi par le ministère.

(© Maxppp - Une classe de CE2 à la rentrée des classes.)
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Le bon niveau des élèves à l’entrée du CP ne se répercute pas sur leur niveau à l’entrée du CE2. C’est ce qu’a conclu la Direction de l'évaluation, de la prospective, et de la performance (Depp) du ministère de l'Education nationale, d'après une nouvelle enquête réalisée auprès de 3.800 élèves.

Des élèves évalués en CP en 2011 avaient un niveau bien meilleur que ceux évalués en 1997, surtout en lecture, en écriture et en calcul. Des résultats prometteurs.

Pour vérifier que leurs performances tiennent dans la durée, cette même génération d’élèves a été évaluée à son entrée au CE2. Leurs résultats ont été comparés à ceux des élèves entrés au CE2 en 1999… Et ils sont nettement moins bons.

 

"En 1999, les 10% les plus faibles ne parvenaient pas à dépasser un certain score global ; en 2013, 12,7% des élèves se situent en deçà de ce même score" (D’après l’enquête de la Depp)

 

Moins bons en orthographe et en vocabulaire

En clair, les mauvais élèves sont plus nombreux. De plus, le niveau général des élèves de CE2 a légèrement baissé en 14 ans. Le taux de réussite moyen est passé de 66% en 1999 à 64% en 2013. Les enfants ont plus de difficulté en orthographe (-5 points) et vocabulaire (-6 points) ainsi qu'en résolution de problèmes mathématiques. "Sur le domaine de la lecture, il y a une difficulté qui s'est accentuée : comprendre un texte quand il comprend de l'implicite", commente Catherine Moisan, directrice de la Depp. Ils arrivent d’ailleurs souvent en 6e avec ces mêmes lacunes.

 

"En lecture de texte, la difficulté s'est accentuée" analyse la directrice de la Depp
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"Le niveau en calcul mental ou posé reste extraordinairement stable et il y a une hausse importante des compétences en soustraction ", positive la directrice.

Des résultats paradoxaux ?

A première vue paradoxal, le bilan de cette enquête peut s’expliquer de plusieurs manières. " Tout d’abord, les compétences évaluées en début de CP (connaissance du code, des règles graphophonologiques, des nombres, etc.) sont des compétences nécessaires mais non suffisantes pour la réussite scolaire future ", indique la directrice. " Ensuite, un certain nombre de compétences n’ont pas été évaluées en début de CP (vocabulaire, expression orale). Leur niveau de maîtrise a pu diminuer en quatorze ans, provoquant ainsi la dégradation observée en CE2 ." Il faudrait dans tous les cas, selon eux, interroger le rôle des classes de CP et CE1 dans la construction de l’apprentissage.

A l’origine du problème, il faut aussi préciser qu’à l’entrée en CP, tous les élèves n’arrivent pas avec le même bagage. Alain Bentolila, linguiste, spécialiste de l'apprentissage de la lecture révèle notamment que "entre les enfants qui ont le plus de mots et ceux qui ont le moins de mots, l'écart est de un à sept. C'est-à-dire que ceux qui commencent très mal avec une pénurie de mots, pour beaucoup, ils sont déjà sur la mauvaise piste ".