CARTE. Quelles sont les zones où les risques d'échec scolaire sont les plus élevés ?

Le ministère de l'Education publie pour la première fois une carte détaillée des zones les plus fragiles, qui doit permettre aux académies de mieux répartir les moyens sur le territoire.

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Où a-t-on le plus de chances de réussir sa scolarité ? Où, au contraire, la sociologie fait-elle apparaître de forts risques d'échec scolaire ? Pour la première fois, rapporte Le Parisien mardi 1er juillet, le ministère de l'Education publie une carte détaillée, canton par canton, des zones à risques en s'appuyant sur sept critères : les revenus des foyers, le taux de chômage et de précarité de l’emploi, le niveau de diplôme des parents, la part des familles nombreuses (plus de quatre enfants) et monoparentales, ainsi que les conditions de logement. Ce nouvel outil pourrait permettre aux académies de mieux répartir les moyens sur le territoire, indique le journal.

 

Des zones à haut risque, fragiles d'un point de vue économique, familial et culturel

Quelque 9,5 millions de personnes de 15 à 64 ans vivent dans les 900 cantons considérés comme présentant le plus de risques d'échec scolaire.

Parmi les zones touchées figurent des cantons où l'on observe un "cumul de fragilités économiques, familiales et culturelles en milieu urbain", comme la Seine-Saint-Denis ou d'anciens hauts lieux de la France industrielle comme Roubaix ou Montbéliard. Ici, le chômage y est plus élevé qu'ailleurs, les conditions de vie plus difficiles (familles monoparentales, nombreuses, logements sociaux...) et les 45-54 ans sans diplôme sont plus nombreux.

S'y ajoutent des cantons où l'on constate une "précarité économique dans les petites et moyennes communes". Les régions touristiques, comme le Languedoc-Roussillon ou la Corse littorale sont particulièrement touchées. Dans ces zones, le chômage est, là aussi, plus élevé qu'ailleurs, les emplois sont plus précaires et les revenus plus faibles.

Des zones avec des risques "persistants"

Des risques moins importants mais "persistants" sont relevés dans un millier de cantons regroupant 17,7 millions d'habitants.

Il s'agit de zones urbaines en proie à des "difficultés de vie familiale" : par exemple, les cœurs d'agglomérations comme Marseille, Le Havre ou l'est de la grande agglomération parisienne. Y résident de nombreuses personnes exerçant des professions intermédiaires, mais les familles monoparentales et les ménages vivant en HLM sont plus nombreux qu'ailleurs.

Également concernées, des zones rurales marquées par une "fragilité culturelle" : des zones avec un grand nombre de petites villes, où les ouvriers sont nombreux comme dans la Mayenne, l'Orne ou des régions du nord de la France. Selon l'étude, "cette classe est surtout désavantagée par la forte proportion de parents non diplômés" et un revenu relativement faible.

Des zones davantage épargnées, avec plus de seniors et une meilleure économie

L'étude distingue encore une classe de cantons à risque plus faible. Il s'agit de 910 cantons de "milieu rural vieillissant", concernant 4,2 millions de personnes. Des zones comme le centre de la Corse, les Pyrénées ou la Dordogne, marquées par une population de plus en plus âgée et un exode des jeunes.

Enfin, 870 cantons (soit 8,5 millions de personnes) présentent le risque le moins important, grâce à une "sécurité économique" et un "soutien culturel". L'étude cite notamment le cas de certaines communes des Yvelines et d'Alsace, ainsi que les zones de résidence des travailleurs frontaliers. Les indicateurs y sont favorables : le chômage y est plus bas et le taux de parents non diplômés plus faible qu'ailleurs.