Procédure d'admission post-bac : un "énorme gâchis", selon la ministre de l'Enseignement supérieur

Frédérique Vidal juge qu'il n'est "absolument pas normal" que l'orientation dépende d'un système informatique, sur France Inter, alors que plusieurs dizaines de milliers de bacheliers attendent toujours d'être affectés dans une université pour la rentrée prochaine.

Des lycéens passent l\'épreuve de philosophie au baccalauréat, le 15 juin 2017, au lycée Fustel-de-Coulanges à Strasbourg (Bas-Rhin).
Des lycéens passent l'épreuve de philosophie au baccalauréat, le 15 juin 2017, au lycée Fustel-de-Coulanges à Strasbourg (Bas-Rhin). (FREDERICK FLORIN / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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L'attente commence à être longue, pour plusieurs milliers de lycéens qui n'ont toujours pas été affectés dans une université à la rentrée. "C'est un énorme gâchis : 150 000 étudiants supplémentaires ont été admis sur le système d'admission post-bac", a estimé sur France Inter Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur.

Des négociations vont s'ouvrir, lundi 17 juillet, en présence du ministère, des syndicats étudiants et des présidents d'université. "Ce système doit être revu en profondeur", a d'ores et déjà assuré Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, sur franceinfo.

"Il n'est absolument pas normal" que l'orientation de lycéens dépende d'un système informatique – un algorithme répartit actuellement les étudiants dans les différentes filières – a insisté Frédérique Vidal, tout en déplorant le fait "qu'il manquait 8 milliards d'euros pour le budget 2017". La ministre de l'Enseignement supérieur a ensuite dessiné quelques pistes de réflexion, jugeant que "les universités doivent proposer des licences dans lesquelles les spécialisations sont progressives".

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La hausse démographique accroît le poids sur les universités

Plusieurs milliers de lycéens attendent toujours d'être affectés dans une université à la rentrée. Et ça coince au portillon. Les facs françaises doivent accueillir chaque année quelque 40 000 étudiants supplémentaires, une hausse démographique observée depuis deux ans et qui devrait perdurer jusqu'en 2022. S'ajoutent aux néo-bacheliers les étudiants en réorientation, traités cette année sur un pied d'égalité par rapport aux jeunes ayant obtenu leur bac en 2017.

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La sélection est interdite en France pour l'entrée à l'université – même si ce principe est mis à mal dans un certain nombre de filières universitaires comme par exemple les doubles licences. Lorsque les demandes sont supérieures aux capacités d'accueil, les candidats sont alors tirés au sort, un procédé vivement critiqué par l'ensemble des acteurs éducatifs et les étudiants, et que la ministre de l'Enseignement supérieur a promis d'éliminer pour la rentrée 2018. Une promesse renouvelée à l'antenne de France Inter. "Le tirage au sort fait que des étudiants qui auraient toutes les chances dans une filière n'y ont pas accès."