Fin du tirage au sort, stages de remise à niveau... Ce qu'il faut retenir de la réforme de l'université

Les bacheliers pourront désormais sélectionner 10 vœux de formation sans les classer, contre 24 vœux ordonnés dans l'ordre de préférence jusqu'à présent.

Le Premier ministre, Edouard Philippe, le 25 octobre 2017 au palais de l\'Elysée.
Le Premier ministre, Edouard Philippe, le 25 octobre 2017 au palais de l'Elysée. (PATRICK KOVARIK / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Orientation plutôt que sélection. Edouard Philippe a dévoilé lundi 30 octobre le "plan étudiants" du gouvernement sur l'entrée à l'université, axé sur l'accompagnement des bacheliers dans leur choix d'études supérieures. Fin du tirage au sort dans les filières sélectives, mise en place d'un suivi personnalisé en terminale, rattachement des étudiants au régime général de la Sécurité sociale... Franceinfo récapitule les principales annonces.

Fin du tirage au sort et transformation profonde du système APB

C'est l'une des mesures les plus emblématiques du plan. Le Premier ministre, Edouard Philippe, a confirmé la fin du tirage au sort pour l'entrée dans les filières universitaires les plus demandées, dès la rentrée 2018. "Je n'ai jamais eu peur du mot sélection", mais "entre la sélection brutale et le tirage au sort, il existe une palette de solutions beaucoup plus souples, plus humaines et plus intelligentes", a-t-il dit lors de la présentation du plan.

Les bacheliers pourront désormais choisir 10 vœux de formation sans les classer, contre 24 vœux classés dans l'ordre de préférence jusqu'à présent dans le système Admission post-bac (APB). "Dans la plupart des cas, l'université dira 'oui' au choix du bachelier et dans certains cas, elle dira 'oui, si', c'est-à-dire si le candidat accepte un parcours adapté qui lui permette de réussir dans la filière qu'il a choisie", a précisé le Premier ministre.

Ainsi, les élèves qui auront choisi une filière malgré un avis défavorable seront invités à suivre un stage ou une mise à niveau pouvant durer jusqu'à un an. Une manière de lutter contre le taux d'échec à l'université, explique la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, dans les colonnes du Monde (article réservé aux abonnés)

L'idée n’est pas seulement que tout le monde entre à l'université, mais surtout que chaque bachelier entre dans l'enseignement supérieur et puisse en sortir avec un diplôme !

Frédérique Vidal

au "Monde"

Un deuxième "prof principal" pour mieux orienter

Afin de mieux les orienter vers l'enseignement supérieur, un deuxième professeur principal accompagnera les lycéens en classe de terminale. Une mesure "simple", qui sera appliquée "dès le mois de décembre", précise Edouard Philippe au Monde.

Les professeurs de terminale formuleront en outre des recommandations d'orientation à leurs élèves à la fin du premier trimestre, puis émettront un "avis personnalisé" sur leurs vœux à la fin du second. Celui-ci figurera dans le dossier scolaire et sera transmis aux universités, comme c'était déjà le cas pour les classes préparatoires et le BTS, rapporte Le Figaro.

Rattachement au régime général de la Sécu

Frédérique Vidal a par ailleurs annoncé que les étudiants, qui dépendent actuellement d'un régime de Sécurité sociale spécifique, seront rattachés au régime général de la Sécurité sociale dès la rentrée 2018.

"Notre système de Sécurité sociale ne marche pas bien. Nous supprimerons la cotisation que (les étudiants) payent et nous transférerons au régime général la Sécurité sociale des étudiants", a-t-elle déclaré. Cette mesure, promesse de campagne d'Emmanuel Macron, était souhaitée par la Fage, premier syndicat étudiant, mais vivement contestée par le deuxième syndicat, l'Unef, qui y voit la mise à mal d'un "outil essentiel à l’autonomie et à la santé des jeunes". 

Un effort budgétaire conséquent

Pour financer ce plan étudiant et l'instauration de nouvelles modalités d'entrée à la fac, un investissement de près d'un milliard d'euros sur le quinquennat sera effectué. Quatre cent cinquante millions avaient déjà été annoncés dans le cadre du grand plan d'investissement (GPI) présenté fin septembre par Matignon.