Accusée de plagiat, la directrice de l'Ecole de journalisme de Sciences Po suspendue

Les chroniques d'Agnès Chauveau, publiées sur le Huffington Post, ont été passées au crible par Arrêt sur images. De nombreux passages ont été copiés d'autres articles, pointe le site. 

La directrice de l'Ecole de journalisme de Sciences Po a été mise en congé après des accusations de plagiat, le 17 novembre 2014.
La directrice de l'Ecole de journalisme de Sciences Po a été mise en congé après des accusations de plagiat, le 17 novembre 2014. (FRANCK FIFE / AFP)
France Télévisions

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Elle aurait plagié de nombreux articles de presse. Accusée par le site Arrêt sur images, la directrice exécutive de l'Ecole de journalisme de Sciences Po, Agnès Chauveau, a été mise en congé provisoire en attendant une enquête sur l'affaire, annonce, dans un mail interne envoyé lundi 17 novembre, Bruno Patino, le directeur de l'école et par ailleurs directeur général délégué de France Télévisions.

"Vous avez peut-être pris connaissance des articles de presse qui accusent Agnès Chauveau de plagiat dans le cadre de ses chroniques publiées sur le site Huffington Post. Le plagiat est une affaire sérieuse en matière de journalisme", explique Bruno Patino. "L'école, qui enseigne la déontologie, ne peut prendre ce genre de chose à la légère. C'est pourquoi, après en avoir parlé avec Agnès, je vais demander une évaluation indépendante des faits reprochés à notre directrice exécutive (...). Dans l'intervalle, Agnès sera en congé de ses fonctions", conclut-il.

Presque la moitié de ses chroniques concernées

Le site Arrêt sur images a fait passer le filtre d'un logiciel anti-plagiat sur plusieurs chroniques d'Agnès Chauveau publiées sur le Huffington Post, qui a détecté, copies d'écran à l'appui, des passages copiés d'autres articles, sans en citer la source. Certains paragraphes ou phrases proviennent ainsi d'articles d'Arrêt sur images, de RFI, de Mediapart ou du Monde.

"Sur près de la moitié de ses 20 chroniques, au moins une phrase (et le plus souvent deux ou trois) a été reprise telle quelle d'une source antérieure", accuse Arrêt sur images. Ces textes sur le Huffington Post reprennent, quelques jours plus tard, les scripts des chroniques que la journaliste fait sur France Culture, station où elle est productrice.

"J'oublie de citer certains papiers, mais ce n'est pas volontaire"

Interrogée par Arrêt sur images, Agnès Chauveau se défend de "toute malhonnêteté". "J'oublie de citer certains papiers, mais ce n'est jamais volontaire et je rectifierai chaque fois que ça pose problème", assure-t-elle. Elle explique aussi n'avoir "pas le temps de citer à l'antenne toutes [ses] sources".

Les étudiants de l'Ecole de journalisme de Sciences Po doivent tous signer une charte déontologique qui stipule, entre autres, que "tout étudiant ne commet aucun plagiat, ne fait pas passer la pensée d'autrui pour la sienne, et cite explicitement les confrères dont il reproduit un texte ou même un fragment de texte de quelques mots". L'école fait d'ailleurs passer au crible d'un logiciel détecteur de plagiat les mémoires de ses étudiants.