Cinq initiatives qu'on aurait préféré ne pas voir pour la journée internationale des droits des femmes

Bon nombre de marques, d'associations ou de politiques se lancent dans un concours de sexisme à l'occasion de cette journée consacrée à l'égalité des droits.

Des poupées au Musée des poupées et des jouets anciens à l'Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse).
Des poupées au Musée des poupées et des jouets anciens à l'Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse). (RICHARD MOUILLAUD / MAXPPP)
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Non, le 8 mars n'est pas "la journée de la femme", mais la journée internationale des droits des femmes. L'occasion théorique de faire progresser l'égalité sur tous les fronts, qu'il s'agisse de salaire, d'éducation, de santé, de justice... Cette idée simple est loin d'être acquise puisqu'on assiste, chaque année, à exactement l'inverse : un détournement plus ou moins sexiste (et plus ou moins de bon goût). Voici cinq initiatives qu'on aurait préféré ne pas voir en 2016. 

Les promos de Marionnaud et Cie

Bon nombre d'entreprises profitent du 8 mars pour lancer des promotions sexistes occultant et détournant le sens de cette journée. La féministe @ValerieCG appelle sur Twitter à les boycotter :

Sont ainsi épinglées, entre autres, la marque de vêtements Jacqueline Riu, qui promet "surprises et gourmandises" dans un centre commercial strasbourgeois ou encore les offres promotionnelles de la chaîne de cosmétiques Marionnaud  à l'occasion de "la #journéedelafemme" (oui, la mention des droits a disparu). 

Les roses "distribuées aux femmes" par Interflora

Autre cliché sexiste : Interflora France a annoncé son intention de distribuer "300 roses demain" à des Lyonnaises.  Pour "la journée de la femme", naturellement, avec un petit cœur en prime.

Les ateliers de "mise en beauté" de Rachida Dati

Les initiatives douteuses pour le 8 mars ne sont pas l'apanage des hommes. La maire (Les Républicains) du 7e arrondissement Rachida Dati s'est ainsi fait remarquer en organisant un débat suivi notamment d'"ateliers de mise en beauté", avec la participation de l'ex-top model spécialiste de "relooking" Cristina Cordula.

Comme l'écrit la journaliste de Libération Sophie Gourion sur son blog Tout à l'ego : "L’affiche donne le ton : la femme censée représenter les femmes dans leur globalité est ultra-mince, aux jambes longilignes et donne le biberon juchée sur des talons. Les grosses allaitantes en baskets sont donc cordialement invitées à aller se faire voir ailleurs."

"Les confidences du pénis" susurrées ce jour-là

Sur Slate, la journaliste Nadia Daam se disait légitimement lasse, l'an dernier, des "émissions 100% femmes" programmées ce jour-là. De là à diffuser, comme le fait la chaîne Téva, une émission intitulée "Les confidences du pénis", "à l'occasion de la journée de la femme", c'est pousser loin la contre-programmation. L'association Osez le féminisme a classé cette exquise attention parmi les "plus grosses arnaques sexistes pour le 8 mars".

Les blagues de Bigard

Mais la même association a décerné sa Palme d'or à l'invitation faite à Jean-Marie Bigard par le festival marseillais Festi’Femmes avec le soutien de la municipalité. 

"Mettre en lumière, et au centre de l’affiche promotionnelle, un humoriste qui a fait des blagues sexistes sa marque de fabrique et qui insulte constamment les femmes dans ses sketchs nous semble consternant. La ville de Marseille, partenaire du festival, est d'ailleurs une récidiviste en la matière puisqu’elle avait organisé, pour le 8 mars dernier, un spectacle Cabaret avec des danseuses dénudées intitulé 'Plaisirs', note OLF, avant de conclure : Stop aux arnaques sexistes et au détournement d'une journée de lutte."

L'affiche du spectacle de Jean-Marie Bigard au festival Festi'femmes à Marseille, sur laquelle l'association Osez le féminisme a tamponné : "Sexiste".
L'affiche du spectacle de Jean-Marie Bigard au festival Festi'femmes à Marseille, sur laquelle l'association Osez le féminisme a tamponné : "Sexiste". (Festi'femmes / Osez le féminisme)