Mexique : le processus d'extradition d'"El Chapo" vers les Etats-Unis a commencé

Des représentants d'Interpol Mexique ont remis deux mandats d'extradition à la prison d'Altiplano, où le narcotrafiquant est détenu.

Le baron de la drogue Joaquin "El Chapo" Guzman, lors de son arrestation au Mexique, le 8 janvier 2016.
Le baron de la drogue Joaquin "El Chapo" Guzman, lors de son arrestation au Mexique, le 8 janvier 2016. (ALFREDO ESTRELLA / AFP)
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Après son arrestation, "El Chapo" devrait bien être extradé vers les Etats-Unis. Le processus formel d'extradition du trafiquant de drogue mexicain Joaquin Guzman a commencé, dimanche 10 janvier, avec des démarches d'Interpol Mexique, a annoncé la justice mexicaine.

Des représentants d'Interpol Mexique ont remis à l'intérieur de la prison d'Altiplano "deux mandats d'arrêt aux fins d'extradition", ce qui constitue "le début formel de la procédure", a indiqué dans un communiqué le parquet du Mexique. "El Chapo" a été incarcéré vendredi soir, après sa capture, dans cet établissement de haute sécurité situé à 90 kilomètres de Mexico.

Un revirement de la part du gouvernement mexicain

Jusqu'à présent, le président mexicain, Enrique Peña Nieto, avait refusé toute extradition de Joaquin "El Chapo" Guzman, mais l'évasion rocambolesque du chef du cartel de Sinaloa en juillet dernier, en portant un coup très dur à la crédibilité du gouvernement mexicain, a changé la donne. "Avec la recapture de Guzman, il faudra enclencher les différentes procédures d'extradition", avait indiqué le ministère de la Justice samedi, sans toutefois fournir de date pour son possible départ vers les Etats-Unis.

Les autorités judiciaires mexicaines ont informé que les procureurs avaient reçu l'an dernier deux mandats d'arrêt à des fins d'extradition et que les avocats de Guzman auraient trois jours pour émettre des objections. Elles soulignent qu'elles "apporteront des éléments" pour combattre toute stratégie de la défense cherchant à s'opposer à ce transfert.

Les avocats promettent "une bataille juridique"

De son côté, un des avocats du narcotrafiquant, Juan Pablo Badillo, s'est engagé à porter le cas jusqu'à la Cour suprême s'il le faut. "Une bataille juridique dans le cadre de la Constitution a commencé, elle sera très sérieuse, très dure", a indiqué l'avocat aux journalistes devant la prison d'Altiplano. "Il ne devrait pas être extradé car le Mexique a une Constitution juste", estime l'avocat.

Le gouvernement des Etats-Unis a félicité le Mexique pour l'arrestation du narcotrafiquant sans toutefois préciser s'il ferait pression pour obtenir son extradition.