Arrestation d'un Breton, baron présumé de la drogue : à Plusquellec, sa vie modeste intrigue et amuse

Gal Vallerius, arrêté aux Etats-Unis, est soupçonné de trafic de drogue. Le maire de Plusquellec, Jacques Le Creff, se souvient d'un homme qui "roulait dans une petite Twingo".

La maison de Gal Vallerius.
La maison de Gal Vallerius. (Benjamin Mathieu / Radio France)
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Arrêté aux États-Unis, il est soupçonné d'être un baron de la drogue... mais vivait en plein cœur de la Bretagne. La rocambolesque affaire de Gal Vallerius, révélée par un journal américain, le Miami Herald, et confirmée à franceinfo vendredi 29 septembre, trouve son point de départ dans le petit bourg de Plusquellec, dans les Côtes d’Armor.

C’est là que vivait Gal Vallerius, un hipster barbu, à qui la justice américaine reproche d’avoir animé l’un des plus gros supermarchés virtuels de vente de drogue sur le dark web, un réseau sécurisé et non indexé sur lequel certains utilisateurs se livrent à des trafics.  

"La série Les Experts, ils peuvent venir la tourner ici !"

À Plusquellec, il n'y a qu'un seul commerce, le restaurant La Table gourmande, et un seul sujet de conversation, l'arrestation de Gal Vallerius. Le patron, Serge Goubin, se souvient d'un homme très discret. "Il disait bonjour à tout le monde quand il croisait quelqu'un et puis c'est tout !" Cette commune de 548 habitants vit depuis quelques jours au rythme d'un véritable feuilleton. Anaïs, la fille du patron, lit la une du journal : "Etats-Unis : un Breton soupçonné d'être un baron de la drogue". "Comme j'ai dit à mes amis, une série comme Les Experts, ils peuvent venir la tourner ici, là c'est bon !" 

Située en bas du village, la maison de OxyMonster, son pseudo en tant qu'administrateur du site Dream Market, n'a rien d'une villa à la Pablo Escobar. De quoi amuser les randonneurs du coin : "Il habite là ? Elle [la maison] n'est pas bien belle pour un mec qui trafique de la drogue." Les enquêteurs américains ont retrouvé l'équivalent de 500 000 dollars sur l'ordinateur du Franco-Israélien Gal Vallerius.

Il menait pourtant avec sa femme une vie très modeste. Selon son voisin, le maire de Plusquellec, Jacques Le Creff : "Il roulait dans une petite Twingo, en même temps on se disait, c'est bizarre, ils sont là mais ils ne travaillent pas. Mais c'est leur droit." Selon la loi américaine, le Breton encourt une peine de prison à perpetuité.