Des travailleurs d'Europe de l'est à bas prix dans les champs français ?

Le syndicat Légumes de France affirme ce soir qu'un conseiller de l'Elysée leur aurait proposé d'engager des ressortissants d'Europe de l'est au tarif pratiqué dans leurs pays pour faire baisser leurs coûts de production. L'Elysée nie qu'il se soit agi d'une proposition, affirmant avoir seulement proposé une étude sur d'autres pays.

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La séquence polémique n'est pas encore terminée pour le gouvernement. Ce soir, les producteurs de fruits et légumes, furieux, maintiennent, malgré les dénégations élyséennes, qu'un conseiller de Nicolas Sarkozy leur a fait une proposition cynique.

Selon le syndicat Légumes de France, Christophe Malvesin, conseiller du président de la République pour l'agriculture, aurait proposé la semaine dernière à la présidente de l'organisation, Angélique Delahaye de “faire venir des intérimaires polonais aux conditions du pays d'origine” pour faire baisser les coûts salariaux des exploitants français.
_ Cette suggestion aurait été réitérée mercredi devant un responsable agricole du Vaucluse reçu à l'Elysée, selon Denis Digel, chargé des coûts salariaux au sein de Légumes de France. “Ils souhaitent nous aider à créer des structures d'intérim à l'étranger pour faire venir des salariés. Ce n'est pas du tout ce que veut la profession. On l'a toujours dénoncé”, a souligné Denis Digel, lui-même producteur de légumes en Alsace.

Pas du tout, répond en substance l'Elysée, les producteurs auraient mal compris. Il ne s'agissait pas d'une proposition. Christophe Malvesin voulait seulement étudier la situation dans les pays qui font appel à cette main d'oeuvre faiblement payée, sans nécessairement l'importer en France. Selon lui, il s'agissait “d'analyser ce qui se passe dans les autres pays” plus compétitifs que la France, conformément à la demande du président de la République “qui a demandé que l'on tienne compte de leur expérience”. “Ce n'est pas parce que les Allemands font venir des Polonais à des coûts polonais qu'on va le faire en France, mais il faut aller au bout de l'analyse”, jure-t-il.

Le sujet a de quoi relancer les polémiques qu'avait provoquées en France le projet de directive Bolkestein, finalement abandonné, qui aurait permis à un prestataire de services de travailler dans n'importe quel pays de l'Union européenne aux conditions de son pays d'origine. Ce texte avait été à l'origine du mythe du “plombier polonais”.

Les producteurs de fruits et légumes français dénoncent depuis des années les distorsions de concurrence avec les pays voisins. Ils demandent que leurs charges et cotisations sociales soient remplacées par une TVA sociale applicable à l'ensemble des productions agricoles, nationales et importées.