Dans une tribune, 314 professeurs affirment qu'ils n'enseigneront plus que "le masculin l'emporte sur le féminin"

Ils expliquent les raisons de ce choix sur le site Slate. 

Une salle de classe à Montpellier (Hérault), le 4 septembre 2017.
Une salle de classe à Montpellier (Hérault), le 4 septembre 2017. (MAXPPP)
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"Nous, enseignantes et enseignants (...) déclarons avoir cessé ou nous apprêter à cesser d'enseigner la règle de grammaire résumée par la formule 'Le masculin l'emporte sur le féminin'." Dans une tribune publiée sur Slate, mardi 7 novembre, 314 professeurs détaillent les raisons pour lesquelles ils refusent d'enseigner que le masculin prime sur le genre féminin dans les accords grammaticaux. 

"La première est que cette règle est récente dans l'histoire de la langue française", expliquent-ils. Cette règle a, d'après eux, été fixée au XVIIe siècle. "Auparavant, les accords se faisaient au gré de chacun·e, comme c’était le cas en latin et comme c’est encore souvent le cas dans les autres langues romanes", arguent-ils. 

Une règle politique

Ces enseignants affirment ensuite que cette primeur du masculin a été instaurée avec un objectif politique. Ils citent un passage d'un ouvrage de Dupleix datant de 1651 : "Parce que le genre masculin est le plus noble, il prévaut seul contre deux ou plusieurs féminins, quoiqu’ils soient plus proches de leur adjectif." Enfin, ils estiment qu'enseigner l'égalité réelle entre les femmes et les hommes aux enfants ne peut coïncider avec le fait de leur apprendre que le masculin l'emporte toujours sur le féminin dans le langage. 

Pour remplacer cette règle, les professeurs signataires plaident pour la règle de proximité, qui implique d'accorder avec le sujet le plus proche, ou la règle de majorité, où l'on accorde avec le sujet le plus nombreux.