Christiane Taubira et "La Marseillaise" : la polémique en cinq actes

La ministre de la Justice a suscité, dimanche, de vives critiques en s'abstenant de chanter l'hymne national lors d'une cérémonie commémorant l'abolition de l'esclavage, à Paris.

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, au "Grand Journal" de Canal+, le 13 mars 2014.
La ministre de la Justice, Christiane Taubira, au "Grand Journal" de Canal+, le 13 mars 2014. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)
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Le Premier ministre, Manuel Valls, la ministre de la Justice, Christiane Taubira, la maire de Paris, Anne Hidalgo, et d'autres responsables politiques ont participé, samedi 10 mai, dans le 17e arrondissement à Paris, à une cérémonie commémorant l'abolition de l'esclavage. La garde des Sceaux a été attaquée pour ne pas avoir chanté La Marseillaise. Francetv info revient sur cette polémique en cinq actes.

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Acte 1 : Christiane Taubira ne chante pas l'hymne national

Samedi, à Paris, place du Général-Catroux (17e arrondissement), une cérémonie pour la commémoration de l'abolition de l'esclavage est présidée par le Premier ministre, Manuel Valls. La maire de Paris, Anne Hidalgo, et celle du 17e arrondissement, Brigitte Kuster, assistent à la cérémonie, tout comme la ministre de la Justice, Christiane Taubira, et la ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin. La Marseillaise est chantée par les participants. Mais la ministre de la Justice s'abstient.

Acte 2 : l'UMP épingle la garde des Sceaux

Un élu UMP parisien, présent sur cette place, reproche à Christiane Taubira de ne pas avoir chanté l'hymne national. Selon lui, elle lui rétorque : "Je ne chante pas parce que je ne connais pas les paroles en entier."

Dimanche, sur son blog, ce premier adjoint UMP au maire du 17e arrondissement de Paris, membre du courant La Droite forte, estime qu'elle "n'est pas digne de représenter notre nation et sa Constitution".

Acte 3 : Christiane Taubira s'explique

La garde des Sceaux répond alors aux critiques sur Facebook. "Certaines circonstances appellent davantage au recueillement qu'au karaoké d'estrade", écrit-elle dans un long texte enflammé. Elle y explique ne pas avoir chanté non plus lors d'une autre cérémonie, organisée samedi au jardin du Luxembourg. "Quand, à la note exacte, au-dessus de l'orchestre, la voix de la soliste se détache, j'écoute. Et j'écoute jusqu'au bout", ajoute-t-elle.

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"Halte donc au rapt ! Sur l'hymne, le drapeau, la nation, la République. Halte au hold-up sur l'Histoire par celles-là et ceux-là qui se vautrent dans leur confort de classe, prêchent l'exclusion et le repli, et qui, par ces intimidations et ces traques, affichent des pratiques de miliciens", poursuit-elle.

Acte 4 : le FN et la droite n'en démordent pas

Marine Le Pen, la présidente du FN, appelle le Premier ministre à "limoger" la garde des Sceaux. "En comparant LaMarseillaise à un 'karaoké d'estrade', et en refusant de la chanter, Christiane Taubira a révélé son vrai visage, et celui du gouvernement."

Même son de cloche pour Florian Philippot, vice-président du FN, qui condamne les termes utilisés par Christiane Taubira.

"Une boulette de plus de Madame Taubira", commente Jean-François Copé sur Europe 1. Le président de l'UMP dénonce particulièrement l'expression de "karaoké d'estrade" employée par la garde des Sceaux : "Elle est ministre de la République, il y a des choses que l'on n'a pas le droit de dire." Pour lui, au-delà de cette nouvelle polémique, la ministre aurait dû "démissionner depuis longtemps" en raison de sa politique "laxiste".

Acte 5 : Benoît Hamon n'a pas chanté non plus

Christiane Taubira peut compter sur le soutien de Benoît Hamon. Présent à ses côtés lors de la cérémonie au jardin du Luxembourg, il affirme lundi sur BFMTV ne pas avoir chanté non plus, "comme la plupart des autres ministres".

Le ministre de l'Education justifie le silence par le fait que l'hymne national était "chanté par une soliste". "Dans ces moments-là, LaMarseillaise inspire le recueillement, explique-t-il. Je ne comprends pas qu'on fasse ce procès à Taubira et pas à moi. Christiane Taubira (...) est devenue l'objet de toutes les polémiques injustes."