Une nouvelle méthode permet de séquencer l'ADN en seulement dix minutes

Aujourd'hui, il faut entre 3 et 4 heures pour réaliser cette opération. Mais Aurélien Bancaud, chercheur au Laboratoire d'analyse et d'architecture des systèmes de Toulouse (Haute-Garonne), a ouvert une nouvelle fois, grâce à des puces.

Le chercheur Aurélien Bancaud, membre du Laboratoire d'analyse et d'architecture des systèmes de Toulouse (Haute-Garonne), prend la pose, lundi 8 février 2016.
Le chercheur Aurélien Bancaud, membre du Laboratoire d'analyse et d'architecture des systèmes de Toulouse (Haute-Garonne), prend la pose, lundi 8 février 2016. (ERIC CABANIS / AFP)

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Grâce à sa nouvelle méthode, il est désormais possible d'analyser l'ADN en seulement dix minutes, contre trois ou quatre heures pour le moment. Le chercheur Aurélien Bancaud a été récompensé d'un prix de la Société française de chimie pour ses travaux, utiles à la fois en criminologie et pour dépister les cancers génétiques.

La séparation des molécules d'ADN est un outil essentiel de la biologie moderne. Elle permet notamment d'identifier des séquences du génome et de vérifier la qualité d'un échantillon. Elle permet aussi de récolter un fragment d'ADN afin d'éditer un génome "artificiel", sous forme de codes-barres. Mais depuis les années 70, la méthode n'a guère évolué, et s'appuie sur l'utilisation d'un polymère alimentaire, l'agarose. Le problème, c'est que cette méthode est limitée par son temps de mise en œuvre et sa médiocre sensibilité, qui nécessite une consommation importante d'échantillons ADN.

L'ADN est déposé sur de petites puces très sensibles

Avec la méthode d'Aurélien Brancaud, il n'y a plus besoin d'agarose. "J'ai fait cette découverte un peu par hasard", raconte le chercheur. "La méthode MicroLAS que j'ai mise au point n'utilise pas de matrice en gel : on fait passer directement le champ électrique dans l'ADN déposé non plus sur du gel mais sur une petite puce, semblable à une puce d'ordinateur." Ces "laboratoires sur puces" sont 100 à 1 000 fois plus sensibles que la matrice de gel d'agarose. Du coup, il n'y a plus besoin de concentrer l'échantillon d'ADN avant le séquençage pour en favoriser la lecture, ce qui permet de gagner du temps.

"Le potentiel de cette technologie innovante est considérable", estime le CNRS, dans un communiqué. Ce projet a fait l'objet d'un dépôt de brevet et de la signature d'un accord de licence avec la société Picometrics Technologies basée à Labège (Haute-Garonne). Avec la méthode d'Aurélien Brancaud, cette entreprise va concevoir un appareil capable de séparer les composants d'un échantillon biologique et de les concentrer, le tout en très peu de temps. Les héros de série policière n'auront plus besoin de meubler avant de coffrer les suspects.