Une année martienne est passée, que nous a appris le robot Curiosity?

Le rover de la Nasa a passé 687 jours, soit une année à l'échelle de Mars, sur la Planète rouge. L'occasion de revenir sur ses principales découvertes.

A l'aide de son bras articulé, le robot Curiosity peut prendre de multiples photos de lui. Une fois regroupées, elles permettent d'obtenir ce cliché, transmis par la Nasa le 22 mai 2013.
A l'aide de son bras articulé, le robot Curiosity peut prendre de multiples photos de lui. Une fois regroupées, elles permettent d'obtenir ce cliché, transmis par la Nasa le 22 mai 2013. (NASA / AFP)
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Le robot Curiosity a de la chance, il peut fêter deux fois l'anniversaire de son atterrissage sur Mars : tous les 365 jours, comme sur Terre, et tous les 687 jours, comme sur la Planète rouge. Vendredi 27 juin, l'engin de la Nasa souffle sa première bougie martienne, l'occasion de revenir sur ses principales découvertes. Prélèvements, photos... Voici ce que Curiosity nous a appris au sujet de la Planète rouge.

1 La planète a abrité un lac d'eau douce

Le rover (véhicule robotisé) Curiosity a découvert à la surface de Mars des preuves directes de ce qui fut autrefois un lac d'eau douce. Il ne reste plus d'eau à l'heure actuelle à cet endroit, mais les tests de forage et les analyses chimiques effectués par Curiosity sur des roches denses laissent penser que ce lac aurait existé il y a environ 3,6 milliards d'années.

Les roches analysées contiennent des traces de carbone, d'hydrogène, d'oxygène, d'azote et de soufre et "fourniraient les conditions idéales pour une vie microbienne élémentaire", selon l'étude dont les résultats ont été publiés dans la revue américaine Science. De toutes petites formes de vie bactérienne, connues sous le nom de chemolithoautotrophs, se développent dans des conditions similaires sur Terre et sont en général retrouvées dans des grottes ou sous la mer dans les cheminées hydrothermales

Photo du minerai extrait par le robot Curiosity, qui permet à la Nasa d'indiquer, mardi 12 mars 2013, que de la vie a pu exister sur Mars.
Photo du minerai extrait par le robot Curiosity, qui permet à la Nasa d'indiquer, mardi 12 mars 2013, que de la vie a pu exister sur Mars. (NASA / AFP)

2 Il n'y a (a priori) pas de vie sur Mars aujourd'hui

Si les conditions nécessaires au développement de la vie microbienne ont été réunies dans le passé, elles semblent compromises aujourd'hui. Tout n'est pas perdu, mais Curiosity n'a pas décelé de méthane dans l'air. Or ce gaz, produit à 95% par des microbes sur Terre, est souvent le signe d'activités biologiques. 

Depuis dix ans, des scientifiques avaient fait part d'observations de panaches de méthane dans l'atmosphère martienne. Mais ces observations avaient été réalisées depuis la Terre ou par des orbiteurs tournant autour de Mars. Curiosity, le seul à pouvoir analyser l'atmosphère martienne directement, n'a pas corroboré ces observations.

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VICTOIRE TUAILLON - FRANCE 2

3 L'atmosphère de la Planète rouge s'est évaporée

Un des nombreux mystères à élucider concerne l'atmosphère de la Planète rouge. Une grande partie de cette atmosphère, qui avait jadis permis à Mars d'être propice à la vie, a disparu. Curiosity a plusieurs outils spéciaux pour cela : un spectromètre de masse et l’instrument TLS (Tunable laser spectrometer). Mais cela ne suffit pas à tout comprendre. 

En analysant la dynamique actuelle de la haute atmosphère martienne, et pas seulement celle au sol, il sera possible de comprendre les changements survenus au fil du temps sur la planète et les effets qui en ont résulté. En novembre 2013, la Nasa a donc lancé la sonde Maven pour analyser les couches de la haute atmosphère et les interactions avec le Soleil et le vent solaire. Maven, équipée de huit instruments qui comptent au total neuf capteurs, doit arriver à bon port au mois de septembre.

4 Les radiations sont supportables pour l'être humain

Pour l'instant, seul Curiosity a mis les "pieds" sur Mars. Mais les astronautes du monde entier rêvent de réitérer, en version martienne, l'exploit de Neil Armstrong, qui a foulé le sol de la Lune pour la première fois, en 1969. Ils peuvent déjà se réjouir des mesures effectuées par l'instrument Rad (Radiation assessment detector) à l'intérieur du robot, qui indiquent un faible niveau de radiations. 

Assemblage d'images prises par le robot Curiosity et montrant des dépôts sédimentaires dans le cratère Gale, le 9 décembre 2013, sur Mars. 
Assemblage d'images prises par le robot Curiosity et montrant des dépôts sédimentaires dans le cratère Gale, le 9 décembre 2013, sur Mars.  (HO / NASA / AFP)

Les astronautes sont exposés à deux types de radiations : les rayons cosmiques galactiques et les particules énergétiques solaires. "Les données montrent une dose moyenne de radiations de 1,8 millisievert par jour, explique Futura SciencesRapporté à la durée estimée du voyage (aller et retour), le total serait de 0,66 sievert, ce qui resterait en dessous de la dose maximum tolérée par les agences spatiales, fixée à 1 sievert." 

5 L'air ambiant est hostile, mais pas dangereux

Les prélèvements effectués par Curiosity confirment que l'atmosphère martienne n'est pas respirable pour l'homme : elle est composée à 95,9% de gaz carbonique, à 1,9% d'azote et, élément auquel on ne s'attendait pas, à 1,6% d'argon. L'argon est un gaz noble présent à hauteur de 1% sur Terre. 

Et les astronautes ne pourront pas planter leur parasol. Les températures sont fraîches, voire carrément froides, puisqu'il fait 0 °C le jour et -90 °C la nuit. Des niveaux néanmoins supportables pour un astronaute bien équipé. Par comparaison, l'écart des températures sur la Lune entre le jour et la nuit est bien plus important. Il peut grimper jusqu'à 300 °C.