Maladie d'Alzheimer : les ultrasons au secours du cerveau

A l’occasion de la Journée mondiale de la maladie d'Alzheimer, jeudi 21 septembre, franceinfo s’intéresse à un nouvel essai clinique qui vise à permettre au corps de se débarrasser tout seul de la maladie, grâce aux ultrasons.

La barrière hémato-encéphalique protège le cerveau des agressions extérieures mais complique aussi le traitement d\'un grand nombre de maladies neurologiques. Photo d\'illustration d\'une IRM du cerveau.
La barrière hémato-encéphalique protège le cerveau des agressions extérieures mais complique aussi le traitement d'un grand nombre de maladies neurologiques. Photo d'illustration d'une IRM du cerveau. (MAXPPP)
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Edité par Cécile MimautBruno RougierRadio France

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La Journée mondiale d'Alzheimer, jeudi 21 septembre, nous rappelle que cette maladie touche aujourd'hui environ 900 000 personnes en France. Elle se caractérise par une dégénérescence neurologique qui affecte les capacités cognitives, dont la mémoire. Si les médicaments peuvent ralentir ce processus, la maladie reste toujours incurable.  

Mais la recherche continue d'ouvrir des pistes. C'est le cas d’un essai clinique mené à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière et à l'Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM). C’est ce qu’explique à franceinfo le docteur Stéphane Epelbaum, neurologue et spécialiste de la maladie d'Alzheimer.

franceinfo : Où en est la recherche sur la maladie d’Alzheimer ?

Dr Stéphane Epelbaum : Il y a de nombreux espoirs en termes de recherche thérapeutique. C’est une recherche qui est très active, qui teste par exemple des vaccins ou des immunothérapies anti-Alzheimer avec des résultats qui sont encourageants. Et puis il y a des essais plus innovants, comme celui mené à la Pitié-Salpêtrière et à l’ICM.

En quoi consiste cet essai clinique ?

C’est une recherche qui vise à ouvrir la barrière hémato-encéphalique, c’est-à-dire cette barrière infranchissable entre le sang et le cerveau. Elle protège généralement le cerveau des agressions mais elle peut également faire en sorte que l’organisme ne puisse pas se défendre face à une agression qui arrive directement dans le cerveau, comme c’est le cas dans la maladie d’Alzheimer.

Quel est le procédé utilisé pour atteindre le cerveau ?

On pense que par le biais d’ultrasons, on peut ouvrir cette barrière de façon temporaire et sans que cela ne pose de problème majeur de tolérance, du moins pour ce qu’on en a vu jusqu’à présent. En ouvrant cette barrière hémato-encéphalique on espère permettre à l’organisme lui-même de laver le cerveau des lésions qui arrivent au cours de la maladie d’Alzheimer.

Parallèlement à cette recherche thérapeutique, où en est la prévention ?

Il y a des approches préventives qui semblent porter leurs fruits puisque le nombre de nouveaux cas qui surviennent tous les ans est en diminution par rapport à ce qu'on pouvait attendre. Donc ça semble monter que nos politiques de santé, comme la prise en charge de l'hypertension artérielle, le fait de faire travailler son cerveau tout au long de sa vie, le sport, ont un effet contre la survenue de la maladie d'Alzheimer.

Quels symptômes doivent nous alerter ?

On travaille beaucoup sur ce dépistage précoce de la maladie bien évidemment. Un des très bons marqueurs précoces de la survenue de cette maladie, c'est lorsque l'entourage repère plus de troubles que la personne elle-même. En d'autres termes, se plaindre de sa mémoire n'est pas en soi un excellent signe de la maladie d'Alzheimer, mais par contre, si vos proches qui vous connaissent depuis des décennies, ont l'impression qu'il y a quelque chose qui ne va pas bien sur le plan de la mémoire chez vous, à ce moment-là n'hésitez pas à venir consulter. 

Ecouter le le docteur Stéphane Epelbaum, neurologue et spécialiste de la maladie d'Alzheimer, au micro de Bruno Rougier.
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