Paris : une exposition pour connaître l'Histoire sur le bout du nez au Palais Royal

Jusqu'au 21 septembre, dans le jardin du Palais Royal, à Paris, les visiteurs sont invités à passer leur nez par l'ouverture de grandes sphères pour sentir l'Histoire des lieux.

L\'exposition \"Subodore, le nez dans l\'Histoire\", au palais Royal à Paris du 28 août au 21 septembre 2017.
L'exposition "Subodore, le nez dans l'Histoire", au palais Royal à Paris du 28 août au 21 septembre 2017. (MAXPPP)
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Sophie AuvigneRadio France

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"Subodore" ou comment découvrir l'Histoire par le bout du nez. C'est l'exposition olfactive qui se tient jusqu'au 21 septembre dans le jardin du Palais Royal, dans le 1er arrondissement de Paris.

Les promeneurs sont invités à passer leur nez par l'ouverture de dix grandes sphères en terre cuite. À l'intérieur, un parfum est attribué à un personnage historique lié au Palais Royal.

L'exposition "Subodore" au Palais Royal à Paris : le reportage de Sophie Auvigne
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Entre les colonnes de Buren et le jardin, ces grosses boules blanches attirent les passants. "Je viens de mettre la tête dans le pot, j'ai senti et ça sent bon", raconte Elliott, 4 ans. Cette bonne odeur est l'œuvre de Chantal Sanier, créatrice de parfums naturels. Elle n'utilise pas une seule molécule de synthèse dans ces odeurs, comme au Moyen-Âge. 

"Je protège un domaine de 600 hectares à côté de Montpellier, en pleine garrigue avec que des cailloux et des choses qui poussent d'une façon spontanée, explique-t-elle. Je suis assez racinaire en fait : j'aime bien les choses qui viennent un peu sous terre ou qui sortent des écorces, qui suintent de l'arbre. Les vieilles matières en fait."

Les personnages touchants et les mal-aimés

Depuis deux ans, Chantal Sanier marie odeurs et Histoire, autour de dix personnages du Palais Royal : Richelieu, Molière, le Régent, Camille Desmoulins ou encore la Montansier. Il y a aussi Anne d'Autriche, la mère de Louis XIV, venue s'installer au Palais Royal avec son petit garçon : "J'ai été très touchée par l'histoire de Louis XIV, confie la créatrice, parce qu'il avait 5 ans et venait de perdre son père. [Il était] laissé pour compte dans l'une des ailes du palais. Il mettait ses doigts de pied dans les draps qui étaient complètement troués. Je suis partie de là. Je voulais exprimer à la fois son potentiel de règne fabuleux et son désarroi d'enfant. Donc, je suis partie sur des jasmins saturés croisés avec des matières profondes."

Il y a également les mal-aimés comme Philippe Égalité et ça se sent. "J'ai un peu de violence contre lui parce qu'il a coupé tous les arbres du jardin pour construire. Finalement, on lui a coupé la tête, indique Chantal Sanier. J'ai pris des choses un peu 'testostérone commerciale' et une fleur un peu vénaineuse. Ce n'est pas mon odeur favorite sur les dix, c'est sûr !"

Les passants jugeront, estime Syylvie Vial, l'administratrice du domaine du Palais Royal pour le Centre des Monuments nationaux (CMN), sous tutelle du ministère de la Culture : "On a quand même quatre siècles d'Histoire à raconter au palais Royal avec énormément de personnages. Le but, était de fixer les visiteurs qui ne font quelque fois que passer et traverser le jardin. C'est leur dire : 'Non, il se passe quelque chose, il y a une histoire au palais Royal'." Parmi les futurs personnages d'une seconde exposition, on retrouvera peut-être les odeurs de Colette, Cocteau ou Bonaparte.