Vous voulez suivre des cours d'HEC, de Polytechnique ou de la Sorbonne, gratuitement, quand cela vous convient ? Rendez-vous en janvier sur la première plateforme française de cours d'enseignement supérieur gratuits en ligne, lancée mercredi 2 octobre par la ministre de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso. 

A partir du 28 octobre, les internautes, étudiants, salariés, demandeurs d'emploi ou simples curieux pourront s'inscrire sur le site www.france-universite-numerique-mooc.fr. Ils y trouveront des Moocs (Massive Open Online Courses, ou cours massifs ouverts en ligne) de maths, histoire, philosophie, biologie, droit... conçus par des établissements comme HEC, Polytechnique, Centrale Paris, l'Institut mines-télécom, le Cnam ou les universités Bordeaux-3, Montpellier-2, Sorbonne-Paris-Cité et Paris 10-Nanterre.

Comment le dispositif fonctionnera-t-il ?

Le dispositif s'appelle France université numérique (FUN), mais il s'inspire du modèle des Etats-Unis, où il est né. "Il s'agit de cours dispensés gratuitement sur Internet par les meilleurs établissements et mis à la disposition de toute personne qui veut apprendre à travers le monde", explique Le Monde (article pour abonnés). FUN disposera d'un fonds de financement spécial de 12 millions d'euros, qui sera attribué par vagues successives.

Quels seront les cours mis en ligne ?

Dans un premier temps, une vingtaine de cours seront d'abord proposés, puis une soixantaine. Le déploiement à grande échelle des Mooc est prévu pour janvier 2014, croit savoir Le Monde. Parmi eux, deux Moocs de mathématiques conçus par Cédric Villani, lauréat de la médaille Fields (l'équivalent du Nobel pour les maths), un cours de Centrale Paris sur le développement durable, un cours de Panthéon-Assas-Paris 2 pour "comprendre l'exercice de la justice", un cours de Polytechnique sur l'"optique non-linéaire"...

Les Moocs, en vogue aux Etats-Unis sous la houlette de plateformes comme Coursera ou edX, émergent en France. Certains de ces cours, qui combinent "vidéos, évaluation, tutorats, corrections par des pairs, interaction en ligne avec des enseignants, peuvent rassembler jusqu'à 160 000 étudiants partout dans le monde", souligne le ministère. "Le développement des cours en ligne dans les dix prochaines années redéfinira la carte universitaire internationale", a estimé Geneviève Fioraso lors d'une conférence de presse.

Quels sont les objectifs du dispositif ?

Rattraper le retard de la France. "Aux Etats-Unis 80 % des établissements disposent de cours en ligne, ils sont moins de 3 % en France", affirme Le Monde. Le Royaume-Uni et l'Espagne sont déjà dotés d'universités virtuelles. Pour rattraper le retard français, en 2017, tous les étudiants "devront disposer de cours numériques de qualité, à chaque étape de leurs parcours", a annoncé la ministre mercredi, sans prédire pour autant la disparition des cours en amphi.

"Révolution ou pas, il va falloir qu'on attende un peu pour le savoir, mais c'est une possibilité. Il est nécessaire de ne pas louper le coche", a estimé François Germinet, président du comité numérique de la Conférence des présidents d'université (CPU). Les ressources pour étudiants en ligne "existent depuis longtemps", mais ce qui se joue, "c'est le web 2.0 avec les échanges entre étudiants. Cela remet en cause notre pédagogie".

Diffuser largement le savoir. "Il s'agit non seulement de révolutionner la transmission des savoirs, mais aussi d'éviter qu'elle ne soit aux mains de quelques entités", indique Le Monde. "L'idée, c'est vraiment d'encourager les initiatives et qu'elles soient reliées sur la même plateforme", explique la ministre. Le professeur accompagnera davantage les étudiants. Ce bouleversement s'amorce à l'échelle mondiale : faciliter l'accès à l'enseignement universitaire dans les pays francophones, par exemple, un des objectifs clairement visé à travers ce plan ambitieux.