VIDEO. Le son enregistré par les astronautes d'Apollo 10 derrière la lune n'aurait rien d'extraterrestre

L'enregistrement d'un sifflement entendu par l'équipage d'Apollo 10 en 1969 alors qu'il survolait la face cachée de la Lune a été dévoilé à la télévision américaine.

La capsule Apollo 10 en route vers la Lune, le 5 juin 1969. 
La capsule Apollo 10 en route vers la Lune, le 5 juin 1969.  (NASA / AFP)

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C'est "une musique bizarre" qui déchaîne les passions des astronomes comme des complotistes. La chaîne de télévision américaine Science a diffusé, dimanche 21 février, dans le cadre de sa série intitulée "Les dossiers inexpliqués de la Nasa", ce qu'elle présente comme un enregistrement récemment déclassifié. En substance, il s'agit d'une bande-son enregistrée par l'équipage d'Apollo 10, en mai 1969, lors du survol de la face cachée de la Lune dans laquelle on entend un sifflement étrange qui semble surprendre les astronautes. Après la diffusion de l'émission, l'hypothèse d'une "musique extraterrestre" a aussitôt envahi les réseaux sociaux. Pourtant, ce son n'aurait rien de surnaturel. Explications.

Qu'entend-on dans cet enregistrement ?

Dans l'enregistrement diffusé dimanche, on entend une conversation entre les astronautes américains Thomas Stafford, le commandant, John Young, le pilote du module de commande, et Eugene Cernan, le pilote du module lunaire, alors qu'ils effectuent le vol de répétition générale avant le premier alunissage le 21 juillet 1969 lors de la mission Apollo 11, qui fit de Neil Armstrong le premier homme à poser le pied sur le sol lunaire.  

"Vous entendez ça ? Ce sifflement", dit Eugen Cernan. "C'est vraiment une musique bizarre", poursuit-il alors que leur vaisseau survole la face cachée de la Lune à 1 500 m d'altitude, coupé de tout contact radio avec la Terre. Les sifflements sont audibles à partir de 2'18". Ces sons ont duré quasiment une heure. Au retour de la mission sur Terre, ils ont été transmis au centre de contrôle à Houston (Texas) où ils ont été transcrits et archivés.

Pourquoi n'en parle-t-on que maintenant ?

Selon l'émission de Science, les trois astronautes ont jugé le phénomène tellement étrange qu'ils ont débattu du fait de savoir s'ils devaient ou pas le signaler au centre de contrôle et à leur supérieurs de crainte de ne pas être pris au sérieux et de compromettre leurs chances d'effectuer de futurs vols. "C'était bizarre. Vous savez, comme si ça venait de l'espace, vraiment. Qui va nous croire ?" s'interroge ainsi Eugen Cernan. "Est-ce qu'on doit leur en parler ?" lui répond John Young. Et Eugen Cernan de répondre : "Il faut qu'on y réfléchisse".  

D'après la chaîne américaine, il s'agirait d'un enregistrement récemment déclassifié. Ce que réfute la Nasa qui a publié une mise au point (en anglais) sur son site : si l'enregistrement et sa transcription ont bien été classés confidentiels en 1969, ils sont "accessibles au public depuis 1973" aux Archives nationales. La mise en ligne est effectivement plus récente : 2008 pour la transcription écrite des échanges (PDF, en anglais) et 2012 pour la mise en ligne des sons.

Comment la Nasa explique-t-elle ces sons ?

Dénonçant un buzz orchestré par l'émission, le magazine Time (en anglais) détruit l'hypothèse d'une "musique extraterrestre". Aussi bizarres que puissent paraître ces sons, ils n'ont pas une origine extraterrestre, insiste aussi la Nasa. Un ingénieur de l'agence spatiale interviewé dans le cadre de l'émission explique que "les radios dans les deux vaisseaux, le module lunaire et le module de commandement, [qui étaient alors attachés] créaient des interférences entre elles", provoquant sans doute ce sifflement. 

Cette explication est mise en doute par l'astronaute Al Worden, commandant du module de commande de la mission Apollo 15. Intervenant dans cette même émission, il déclare que la "logique me dit que si quelque chose a été enregistré là-bas, il devait y avoir quelque chose". 

Pourtant, Michael Collins, le pilote d'Apollo 11 qui survolait la Lune alors que Buzz Aldrin et Neil Armstrong la foulaient, affirme avoir également entendu ces bruits et avoir été informé par les techniciens qu'il s'agissait d'interférences, indique CNN. "Si je n'avais pas été prévenu, ça m'aurait vraiment effrayé", explique-t-il dans son autobiographie.