Mais que va faire Thomas Pesquet maintenant qu'il est redescendu sur Terre ?

Après plus de six mois passés dans la Station spatiale internationale, l'astronaute français a retrouvé le quotidien des Terriens, vendredi. Franceinfo s'est demandé ce qu'il allait pouvoir faire dans les mois à venir.

L\'astronaute français Thomas Pesquet teste sa combinaison spatiale, le 13 avril 2016, au Johnson Space Center de la Nasa, à Houston (Texas, Etats-Unis).
L'astronaute français Thomas Pesquet teste sa combinaison spatiale, le 13 avril 2016, au Johnson Space Center de la Nasa, à Houston (Texas, Etats-Unis). (BIL STAFFORD / NASA)
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Louise HermmerlefranceinfoFrance Télévisions

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Thomas Pesquet a atterri vendredi 2 juin après un séjour de plus de six mois à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Avant toute chose, il va devoir se réacclimater à la gravité terrestre. Rapidement, le très médiatique astronaute commencera aussi à donner des conférences de presse. La première est prévue mardi 6 juin à Cologne (Allemagne). Ensuite ? Si nous sommes habitués à suivre le quotidien de Thomas Pesquet sur les réseaux sociaux, on se demande forcément à quoi il va bien pouvoir occuper ses journées une fois de retour sur la terre ferme.

Repartir pour une nouvelle mission spatiale

Après son retour sur Terre, Thomas Pesquet fait toujours partie du corps des astronautes de l'ESA, l'Agence spatiale européenne. Quand un astronaute n’est pas dans l’espace, il ne manque pas d'occupation. Il peut être chargé des communications avec ses collègues depuis le centre de contrôle des missions. Une fonction que Thomas Pesquet a déjà occupée par le passé. Il peut aussi endosser un rôle de communiquant et participer à de nombreuses conférences pour sensibiliser le public à l’espace, mais aussi former d’autres astronautes ou encore tester des procédures de robotique. Mais surtout, un astronaute suit des formations pour maintenir ses compétences afin, éventuellement, de repartir dans l'espace.

Pour l’instant, aucune mission n'est prévue pour Thomas Pesquet, selon l’agence spatiale européenne (ESA). Mais son camarade de promotion britannique Timothy Peake, qui a fait son premier séjour sur l’ISS entre décembre 2015 et juin 2016, a laissé entendre que d’autres missions se profilaient. "Moi et mes camarades de 2009, nous allons tous avoir une seconde mission sur la Station spatiale internationale", s’est-il réjoui, comme le rapporte The Guardian (lien en anglais).

Thomas Pesquet se prend même à rêver d'une mission plus ambitieuse : "Aller sur Mars, ce serait le rêve total, imaginez sur une planète où personne n'est jamais allé, nous serions les premiers (...) ce serait complètement incroyable, l'aventure technologique du siècle", a-t-il confié à franceinfo. 

Publier un livre de ses photos de la Terre

Avec toutes les images que Thomas Pesquet a eu l’occasion de capturer depuis la Station spatiale internationale, il y aurait largement de quoi publier un livre de photographie. Il faut dire que ces clichés de la Terre vue du ciel sont rares. Le Français ne serait pas le premier astronaute à publier un tel ouvrage. Timothy Peake par exemple a publié, à la fin 2016, Hello, is this planet Earth ?

>> CARTE. Découvrez la France vue de l'espace en 61 photos de Thomas Pesquet

L’Américain Donald Pettit a également publié Spaceborne, et Chris Hadfield Vous êtes ici. Ce que vous découvririez de la Terre si vous étiez un cosmonaute. Il pourrait aussi se reconvertir en réalisateur de clip de musique électronique après son expérience réussie avec Yuksek.

Intégrer un grand groupe de l’industrie aéronautique

Forts de leur expérience et de leurs réseaux, les astronautes sont des recrues particulièrement recherchées par l’industrie aérospatiale ou aéronautique. Diplômé de Supaéro, à Toulouse, Thomas Pesquet trouverait facilement une place. Comme Garrett Reisman, par exemple, ancien astronaute de la Nasa, qui est maintenant directeur des opérations spatiales de l’entreprise américaine SpaceX, l’un des prestataires privés de l'agence spatiale américaine. Ou comme son collègue Christopher Ferguson, qui s'est retrouvé à travailler pour Boeing, son concurrent direct. 

Autre exemple, Maurizio Cheli a travaillé pour la société italienne Alenia Aeronautica avant de créer sa propre société de développement et d’innovation de l’avionique.

Enseigner à l'université

Lorsqu'ils mettent un terme à leur carrière d’astronaute, certains d'entre eux reprennent le chemin de l'école. Pas pour prendre des cours, mais pour en donner, notamment dans l’enseignement supérieur. C’est le cas par exemple de Reinhold Ewald, qui enseigne maintenant l’astronautique à l’université de Stuttgart (Allemagne), de Christer Fuglesang, qui assure un cours de voyage dans l’espace à l’institut royal de technologie à Stockholm (Suède), ou encore de Jeffrey Hoffman, qui a enseigné l’astronautique à l’université de Leicester (Royaume-Uni) et au MIT (Etats-Unis).

Pour ce dernier, cette reconversion sert à "donner aux étudiants une idée de ce qui sera requis pour ce que l’on espère être une renaissance de l’exploration spatiale, et pour partager mes idées sur la future synergie entre les humains et les robots dans cette entreprise".

Se lancer dans la politique

Après avoir décroché les étoiles, certains reviennent à des préoccupations plus terre-à-terre. Ainsi plusieurs d'entre eux se sont reconvertis en politique. Aussi à l'aise en français, en anglais, en russe, en espagnol et en allemand que face aux médias, Thomas Pesquet pourrait suivre la trajectoire de Claudie Haigneré. La première femme française à avoir voyagé dans l’espace, a par exemple été ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles Technologies ainsi que ministre déléguée aux Affaires européennes sous les gouvernements Raffarin entre juin 2002 et mai 2005.

Un changement de carrière particulièrement soudain : "J’ai été appelée un samedi pour rejoindre le gouvernement, et j’ai pris mes fonctions le lundi, a-t-elle expliqué dans une interview à PlurisJ’ai eu dix ans d’entraînement pour le vol spatial, mais aucun pour le métier de ministre." Et une expérience difficile, pour elle, qui se terminera sur un échec après le référendum sur la Constitution européenne, comme le rappelle Libération. "Elle a été très marquée, comme moi, par cette expérience", se souvient dans le quotidien Michel Barnier, à l'époque ministre des Affaires étrangères.

Claudie Haigneré sur les bancs de l\'Assemblée nationale en tant que ministre déléguée aux Affaires européennes, le 29 mars 2005. 
Claudie Haigneré sur les bancs de l'Assemblée nationale en tant que ministre déléguée aux Affaires européennes, le 29 mars 2005.  (STEVENS FREDERIC/SIPA)

En Russie, les quatre femmes astronautes ont été élues à la Douma, la Chambre basse du Parlement de Russie. Aux Etats-Unis, John Glenn, le premier astronaute américain en orbite, a aussi été élu au Congrès et s’est même présenté comme candidat à l’élection présidentielle en 1976 et 1984.

Se mettre à la peinture

Outre ces potentielles pistes, Thomas Pesquet pourrait très bien décider de faire quelque chose bien éloigné du monde de l’espace. "Certains astronautes passent à des choses très éclectiques", témoigne Robert Frost de la Nasa dans un post de Quora (lien en anglais). Le parcours d'Alan Bean le prouve. Le quatrième des douze hommes à avoir marché sur la Lune a pris sa retraite à 49 ans pour se consacrer à sa passion, la peinture. Il est ainsi la seule personne à représenter des paysages cosmiques après les avoir vus pour de vrai.

Quant à Story Musgrave, après sa carrière d’astronaute, il a, entre autres, été professeur de design, architecte paysagiste, neurophysiologiste, et il travaille également pour une société de production australienne et un centre de recherche californien. Autant dire que pour Thomas Pesquet, aucune porte n’est fermée.