Des scientifiques affirment qu'un ver est revenu de l'espace avec deux têtes

Des chercheurs américains ont envoyé dans la Station spatiale internationale plusieurs petits vers. L'un d'eux, amputé de sa queue, a vu une tête pousser à la place. Une mutation rare, mais qu'il est impossible d'attribuer de façon certaine au séjour dans l'espace.

Une deuxième tête est apparue sur le ver quelques semaines après son amputation dans l\'espace. 
Une deuxième tête est apparue sur le ver quelques semaines après son amputation dans l'espace.  (JUNJI MOROKUMA, ALLEN DISCOVERY CENTER AT TUFTS UNIVERSITY)
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Les têtes dans les étoiles. Une expérience menée par des scientifiques américains de l'université de Tufts, dans le Massachusetts (Etats-Unis), a produit d'étonnants résultats. Un ver envoyé en microgravité à bord de la Station spatiale internationale (ISS) durant cinq semaines a été amputé de sa queue. Et surprise, elle n'a pas repoussé, puisque c'est une deuxième tête qui a fait son apparition à la place, affirment les scientifiques.

L'expérience est détaillée dans cette étude, publiée en avril, dernier dans le journal Regeneration (en anglais)"En plus de 18 ans d'expérience dans le maintien d'une colonie de D. japonica (le nom du ver) qui comprend plus de 15 000 vers de contrôle rien qu'au cours des cinq dernières années, les chercheurs de Tufts n'avaient jamais observé l'apparition spontanée d'une double tête", affirme l'université dans un communiqué. Pour comparer avec ce qui se passe sur Terre, un autre groupe de vers a subit les mêmes manipulations. Mais aucune deuxième tête n'a poussé. 

L'espace responsable de ces mutations ? 

En plus de ce phénomène de doubles têtes, les scientifiques ont observé que certains des vers qui ont fait un séjour dans l'espace se séparaient en deux clones, selon un processus désigné sous le terme de "scissiparité", précise Mashable.

Est-ce pour autant le séjour dans l'espace qui est responsable de ces mutations ? Pas forcément, précise l'article. Le groupe de contrôle, c'est-à-dire resté sur terre, n'a pas pu simuler un décollage et un vol dans l'atmosphère terrestre. Et les deux groupes de vers n'étaient pas forcément conservés à la même température.