C'est un moment rare dans l'astronomie : il n'y en a qu'un par génération, voire moins. Vénus doit se glisser entre le Soleil et la Terre dans la nuit du mardi 5 au mercredi 6 juin. Le passage suivant n'aura lieu que dans 105 ans. Ces "transits" surviennent par paire à huit ans d'intervalle et cessent d'apparaître pendant plus d'un siècle. Le précédent date donc de 2004 et aucun ne s'est produit au XXe siècle. FTVi vous explique pourquoi c'est un événement important.

• Le "transit", c'est quoi ?

Ce terme est utilisé, par exemple, "lorsqu'un objet passe devant un autre objet céleste, généralement une étoile. Dans notre système solaire, seules Vénus et Mercure se situent entre la Terre et le Soleil. Elles sont donc les seules planètes à effectuer des transits, et donc à s'aligner avec la Terre et le Soleil", explique Georges Meylan, professeur au laboratoire d'astrophysique de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse) à La Tribune de Genève.

• Quest-ce que cet événement a permis de découvrir ?

Grâce à lui, les astronomes ont réussi à calculer la distance entre la Terre et le Soleil. Une donnée qui sert aujourd'hui d'unité astronomique. Jusqu'au XIXe siècle, le transit était utilisé pour calculer le diamètre du système solaire et donc la taille de l'univers puisque l'on pensait que le Soleil était au centre de l'Univers et que celui-ci n'était constitué que de notre système solaire.

• Est-il encore utile à la science ?

Les astronomes n'ont plus grand chose à apprendre du transit de Vénus depuis l'arrivée des sondes, des satellites, et des téléscopes géants. Mais les scientifiques peuvent encore y trouver une utilité : ils pourront s'exercer aux techniques d'observation des exoplanètes, ces planètes (très) lointaines qui se situent en dehors de notre système solaire.

"Cet événement est une grande chance car il nous permet d'étudier de façon très détaillée un phénomène que nous observons à de très grandes distances dans notre galaxie, ce qui devrait nous donner davantage de confiance dans notre capacité à interpréter les signaux que nous détectons", a expliqué à l'AFP l'astronome Rick Fienberg, de l'American Astronomical Society. "Nous allons regarder Vénus passer devant le Soleil comme si c'était une exoplanète transitant devant son étoile. Mieux : une exoplanète tellurique [c'est-à-dire rocheuse, comme la Terre ou Mars] d'une taille semblable à celle de la Terre", a précisé à Sciences et Avenir Thomas Widemann, de l'observatoire de Paris-Meudon.

• Sera-t-il visible en France ?

Il faudra se lever à l'aube, mercredi, pour espérer apercevoir la fin du transit pendant quarante-cinq minutes après le lever du Soleil. Il sera nécessaire de se placer le plus à l'est possible selon un axe Strasbourg-Nice, avec un site d'observation bien dégagé en direction du nord-est. Voici une vidéo simulant ce que l'on pourra voir de Paris :

 

Mais l'événement sera surtout visible dans la région Pacifique, comme le montre cette carte du site spécialisé eclipse-maps.com. Dans ce coin du globe, l'événement sera observable pendant sept heures. Mais ne nous plaignons pas. En 2004, c'est l'Europe qui avait pleinement profité du transit. Voici ce qui était alors visible dans le sud du Royaume-Uni :

 

Si vous souhaitez malgré tout tenter l'observation, vous devez vous équiper de lunettes "spécial éclipses", disponibles chez les opticiens ou les pharmaciens. Sans elles, vous risquez de vous brûler la rétine, ce qui peut conduire à une altération définitive de la vue.