Sport sur ordonnance : les bénéfices avant et après une opération

A Suresnes, près de Paris, l'hôpital Foch teste depuis la rentrée un programme qui prépare les malades atteints de cancers comme des athlètes. Programme sportif, régime alimentaire adapté, suivi psychologique. Tout est mis en place pour mieux vivre sa maladie et arriver dans de bonnes conditions physiques et mentales jusqu'à l’opération. Reportage.

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A 78 ans, Michel Blechet souffre d'une tumeur au poumon. Les médecins suspectent un cancer. Il sera opéré dans quelques semaines.

La kinésithérapeute évalue ses capacités physiques pour lui prescrire ensuite une série d'exercices à faire à la maison. Elle lui demande de faire plusieurs allers-retours dans le couloir de l’hôpital. 437 mètres parcourus en 6 minutes. Le résultat est bon pour cet ancien tourneur fraiseur. "Ce n’est pas trop dur. Pour l’instant, ça va je marche bien. Mes jambes tiennent le coup", explique-t-il.

Un malade actif augmente ses chances de récupérer plus vite après son opération. Pour se maintenir en forme le programme repose sur la bonne observance du patient. Une fois chez lui, Michel devra réaliser ses exercices tous les jours. "Il s’agit de faire du renforcement musculaire pour gagner en force au niveau des muscles. Cela permet au malade d’être plus efficace dans la vie de tous les jours, de pouvoir marcher et d’être plus fonctionnel", explique Nina Goudier-Kankare, kinésithérapeute à l’Hôpital Foch.

Diminuer les complications post-opératoires

Une psychologue, une diététicienne et un médecin du sport complètent ce programme personnalisé, que les patients suivent trois mois avant et après l’opération. 

"On sait qu’une nutrition équilibrée et une activité physique régulière permettent de diminuer les complications post-opératoires en particulier dans la chirurgie de plusieurs cancers. Cela évite d’avoir un déconditionnement et une perte de masse musculaire après l’opération qui mettent les patient en danger et dans l’incapacité à retourner chez eux facilement", explique le Dr Nicolas Barizien, médecin du sport et rééducateur.

Pour le cancer du côlon, une prise en charge sportive augmenterait en moyenne de 30% les chances de survie. Pour le cancer du sein, une alimentation adaptée et une activité physique diminueraient de 40% la sensation de fatigue après la chirurgie.

Après l'opération : la solution tai-chi

Le tai-chi, cet art martial chinois, a également montré ses bienfaits sur la santé. Les sportifs souffrent de cancer, de leucémie ou sont en rémission et ils se concentrent pendant le cours d’une heure sur leur bien-être.

"Je suis arrivée avec la greffe à des situations d’extrême fatigue, et à ce moment-là vous n’avez plus envie de rien. Alors le fait de reprendre quelques forces musculaires, vous reprenez gout à la vie", explique Anne, adepte du tai-chi. Même constat pour Catherine qui "oublie ses douleurs petites ou grandes. Pendant cette heure ce cours, on ne pense qu’à se dépenser à 100%".

Les mouvements sont lents et adaptés. Le sport vient soulager les douleurs dues aux traitements médicaux. "Y’a vraiment cette idée de retrouver un corps qui a été blessé par la maladie et les traitements. Il s’agit de reconstruire un corps qui soit un compagnon, un allié pour pouvoir continuer à vivre et bien vivre", explique Roseline de Lauriston, éducatrice médico-sportive de l’association Cami sport & cancer. 

En novembre 2015, les députés ont adopté l’amendement concernant la prescription médicale du sport. Les patients souffrant d’affection longue durée reconnue, comme les cancers ou les maladies neurologiques, pourront désormais se faire prescrire et rembourser des séances de sport par leur médecin traitant.