VIDEO. Grâce à des lunettes 3D, un patient guide le neurochirurgien pendant son opération

Opérer le cerveau quand le patient est éveillé, l'intervention est spectaculaire, mais aujourd'hui courante en neurochirurgie. Cela permet à l'équipe médicale de communiquer avec le patient et d'éviter ainsi d'endommager des zones indispensables. "Le magazine de la santé" a pu assister à une de ces interventions où un chirurgien a utilisé un casque de réalité virtuelle pour tester le champ visuel du patient en temps réel. Il s'agit d'une première mondiale réalisée au CHU d'Angers*.

FRANCE 5
France Télévisions

Mis à jour le
publié le

Pour éviter d'endommager le champ visuel des patients lors d'une intervention visant à retirer une tumeur cérébrale, les chirurgiens vont pouvoir utiliser un nouvel outil mis au point avec des ingénieurs : un casque de réalité virtuelle. "Nous avons développé une application pour tester le champ visuel, qui permet de stimuler l'œil avec des flashs lumineux pour savoir quelle zone du champ est visible par le patient", explique Marc Le Renard, ingénieur.

Le patient est sous anesthésie générale. L'opération débute par le décollement du muscle temporal, puis le chirurgien perfore la voûte crânienne. Après avoir découpé la dure-mère, le chirurgien accède au cerveau et à la tumeur. Pour tester le cortex autour de la tumeur, le patient est réveillé.

À l'aide d'une électrode, le chirurgien stimule les zones périphériques de la tumeur. En même temps, une neuropsychologue demande au patient de nommer les dessins qu'il lui présente. C'est le test du langage. Si l'une des stimulations entraîne un déficit, la zone en question doit impérativement être épargnée. De petites étiquettes numérotées désignent ces zones.

À l'aide d'un microscope, le chirurgien débute ensuite l'exérèse de la tumeur. La neuropsychologue entame alors une conversation spontanée avec le patient pour vérifier qu'il conserve ses capacités.

Quand le chirurgien approche les voies visuelles, le casque de réalité virtuelle prend toute son importance. C'est grâce à lui que sera testée précisément la vision périphérique du patient. Il doit fixer des points situés au milieu de l'écran et dire si oui ou non il perçoit les points qui apparaissent sur les côtés. Si les réponses du patient sont différentes de celles qu'il a donné avant l'opération, cela signifie que le chirurgien stimule une zone qu'il faut épargner.

"On va maintenant utiliser très régulièrement le casque de réalité virtuelle pour tous les patients pour lesquels le champ visuel est important pour leur vie sociale (…) et on va s'intéresser à d'autres fonctions plus complexes qu'il est tout à fait possible d'explorer grâce à la réalité virtuelle", confie le Pr Philippe Menei, neurochirurgien.

Dans les prochains mois, le casque sera utilisé pour tester le langage ou encore pour détendre le patient grâce à des images relaxantes notamment en pédiatrie.

*Nous devons cette grande première à Evelyne Klinger, directrice de recherche et à son équipe d'ingénieur de l'Ecole supérieur d'informatique, éclectronique, automatique (ESIEA).