Des chercheurs marseillais sur le point de découvrir un vaccin contre le sida ?

Chez neuf patients, toute trace de cellules infectées a disparu de leur sang, même après l'arrêt de la trithérapie. Les résultats définitifs de cet essai doivent être communiqués dans les prochains jours.

Les chercheurs Isabelle Ravaux et Erwann Loret, en janvier 2013 à l'hôpital de la Conception, à Marseille.
Les chercheurs Isabelle Ravaux et Erwann Loret, en janvier 2013 à l'hôpital de la Conception, à Marseille. (MAXPPP)
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Un nouvel espoir dans la recherche contre le sida ? A l'issue d'un essai clinique mené par des chercheurs marseillais, neuf patients infectés par le VIH auraient atteint "la première étape vers la guérison du sida", affirme La Provence, mardi 15 mars. Les conclusions n'ont pas encore été dévoilées officiellement, mais selon le quotidien régional, la présence de cellules infectées dans le sang de ces neuf patients "est devenue totalement indétectable".

Selon nos confrères d'"Allô docteurs", cette présentation est toutefois à prendre avec la plus grande réserve, comme ils l'expliquent dans cet article.

L'essai clinique, lancé début 2013 par les Dr Erwann Loret et Isabelle Ravaux au Centre d'investigation clinique de l'hôpital de la Conception (APHM), a consisté en l'injection d'un vaccin, appelé Tat OYI, sur 46 volontaires infectés par le VIH depuis plus d'une dizaine d'années et sous trithérapie. Trois injections à des doses différentes (ainsi qu'un placebo) ont été administrées sur quatre groupes de patients, puis leur trithérapie a été interrompue.

Des cellules infectées indétectables

Chez neuf patients (issus de deux groupes), toute trace de cellules infectées a disparu de leur sang après l'arrêt de la trithérapie. Sans vaccin, cette disparition aurait nécessité au moins soixante-dix ans de trithérapie lourde d'effets secondaires, explique La Provence.

Comme le prévoyait le protocole, les neuf patients ont été remis sous trithérapie. Pour trois d'entre eux, les cellules infectées restent indétectables dans leur sang deux ans après l'arrêt du traitement. Mais il est probable que l'élimination des cellules infectées dans l'ensemble des tissus nécessite plusieurs années, commente le journal. Les conclusions de l'expérimentation doivent être publiées dans la revue américaine Retrovirology dans les prochains jours.