Sida : des autotests commercialisés en juillet 2015

A partir du 1er juillet 2015, il sera possible d’effectuer soi-même un dépistage du virus du Sida grâce à des autotests mis vente en pharmacie. Il se fera à partir d'une goutte de salive ou de sang. Le résultat sera disponible en quelques minutes.

(L’autotest promet un résultat en quelques minutes © Reuters /John Gress)
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La mise en vente d’autotest, le 1er juillet 2015, pour détecter le virus du Sida a été confirmée par le ministère de la Santé ce lundi. Le test pourra se faire à domicile à partir d'une goutte de salive ou de sang et apportera une réponse en quelques minutes. Cet autotest sera disponible en pharmacie, sans ordonnance, au prix d’une vingtaine d’euros et mais sera aussi distribué gratuitement par certaines associations.

Ils visent principalement les personnes qui ne veulent pas passer par les structures habituelles : centres de dépistage, associations… Les personnes qui l'utiliseront et qui auront besoin d'aide ou de conseils pourront contacter Sida Info Service.

 

"Il faut un accompagnement une fois le test effectué," estime Alain Miguet, rédacteur en chef de Sida Info Service
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A l’origine, ce système de détection devait être disponible en pharmacie à la fin de l’année 2014, mais l’autotest Sure Check VIH ne disposant pas encore du marquage CE, la date a été repoussée. D’après une étude présentée lors du Congrès de la Société française de lutte contre le sida, en octobre 2014, ce test est actuellement le plus fiable au regard des autres dispositifs de dépistage. 

La mise en garde du Syndicat des Jeunes Biologistes Médicaux

Ces tests ne renseignent que sur le statut virologique d'il y a 3 mois ! Si la personne s'est contaminée lors des 3 derniers mois, le test sera alors paradoxalement négatif ! Le dépistage classique, prescrit par un médecin, a lui une fenêtre sérologique de 15 jours et non pas 3 de mois. De plus, ces tests ne détectent pas les autres IST, infections sexuellement transmissibles, (Hépatites...).

 

Les autotests n’informent que sur le statut positif ou négatif vis-à-vis du HIV, donc là encore le risque de reprise des pratiques à risques d'un patients se croyant à tord "sans risque" est majeur, estime le Dr Thomas Vallotton, Porte parole du SJBM (Syndicat des Jeunes Biologistes Médicaux).

La question de la responsabilité médicale se pose également en cas faux positifs ou de faux négatifs, pouvant conduire à de nouvelles contaminations ou à des réactions extrêmes de patients confrontés, seuls, à un résultat non certain, et non encadré médicalement. Qui sera responsable en cas de faux résultat ? Le patient, le fabriquant du test ou le pharmacien qui l'aura vendu ? 

 

Le SJBM met également en garde contre les tests en vente sur internet qui ne sont pas reconnus par l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé), sont dangereux et mensongers (certification CE usurpée) et pourtant consgtamment disponible.

(© Idé)