Finastéride : un médicament sous surveillance

Ce médicament, fréquemment utilisé pour traiter la calvitie masculine, est à l’origine d'effets secondaires importants. La perte de libido n'est pas le plus grave d'entre eux. Chez certains patients, le finastéride a déclenché des comportements suicidaires. Des effets qui ont persisté après l'arrêt du traitement.

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À l'origine, cette molécule est utilisée pour traiter les hypertrophies bénignes de la prostate. Mais depuis quelques années, le finastéride, plus connu sous son nom commercial de Propecia®, est aussi prescrit aux hommes atteints de calvitie.

Fin 2015, l'Agence canadienne du médicament faisait état de douze notifications de pensées ou comportements suicidaires. Une alerte relayée par Prescrire en mai 2016. La revue médicale indépendante faisait également part d'une étude américaine de pharmacovigilance. Entre 1998 et 2013, des chercheurs ont répertorié près de 5.000 alertes relatives au finastéride et, dans la majorité des cas, ces alertes ont été considérées comme graves. En plus de troubles sexuels persistants, une partie des patients prenant cette molécule a signalé des idées suicidaires.

Le finastéride a des effets antiandrogéniques. Autrement dit, il bloque non pas la production mais l'action de la testostérone. Des troubles de la libido sont donc plausibles, précise Prescrire. Les effets psychologiques laissent les chercheurs plus dubitatifs.

Si cette molécule a des effets intéressants dans la prise en charge de certaines hypertrophies de la prostate, son action sur l'alopécie est bien plus contestable. Et dans ce dernier cas, la balance bénéfice-risque penche alors dangereusement du côté du risque.