Salarié et aidant, une double casquette mal prise en compte par les entreprises

À l'occasion de la journée des aidants, vendredi, une étude sur leur condition dans le monde du travail est dévoilée. Elle montre que pour deux entreprises sur trois, la réalité des salariés-aidants est invisible.

Une malade d\'Alzheimer et sa fille (illustration).
Une malade d'Alzheimer et sa fille (illustration). (GETTY IMAGES)
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Clémentine VergnaudBruno RougierRadio France

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À l'occasion de la journée des aidants, vendredi 6 octobre, Malakoff Médéric et la Fondation Médéric alzheimer dévoilent une étude concernant la situation des aidants qui cumulent leur statut et un emploi en entreprise.

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On estime qu'environ 11 millions de Français interviennent régulièrement auprès d'une personne de leur entourage, dépendante, malade, handicapée ou âgée. La moitié d'entre eux exerce en parallèle une activité professionnelle.

"La problématique des salariés-aidants est encore mal identifiée par les entreprises alors même que cette situation a un réel impact sur la vie professionnelle des personnes concernées", justifie ainsi Hugues du Jeu, directeur général délégué de Malakoff Médéric.

Une réalité méconnue des chefs d'entreprise

Pour deux entreprises sur trois, la réalité des salariés-aidants est invisible. Ainsi, seuls 31% des dirigeants peuvent estimer le nombre de salariés-aidants que compte leur entreprise et ce sujet est un thème de réflexion pour seulement 15% des entreprises.

Le cumul du statut d'aidant avec une activité professionnelle a pourtant un impact sur la vie professionnelle des aidants, selon les deux tiers d'entre eux : changement des horaires de travail (33%), réduction du nombre d'heures de travail (29%) ou travail à domicile (14%). De la même manière, 59% des dirigeants et DRH interrogés estiment que l'aide apportée par un salarié à un proche se traduit par un absentéisme et 48% pensent que ça entraîne une démotivation du salarié.

Les salariés-aidants peu informés sur leurs droits

Malgré la mise en place de dispositifs destinés à aider les salariés-aidants, dans la loi relative à l'adaptation de la société au vieillissement de 2015, beaucoup de ces personnes ne connaissent pas ou peu leurs droits. Ainsi, 39% des intéressés ne connaissent pas ces aides et seulement 12% y ont recours. Ils sont même 70% à ne pas connaître le congé de solidarité familiale.

En revanche, 67% des salariés-aidants ont pris des congés non spécifiques aux aidants (congés payés, RTT, disponibilités...) au cours des six derniers mois, pour une durée moyenne de 10 jours. On estime que les taches qu'accomplissent les 11 millions d'aidants français au quotidien représentent, s'il fallait les rémunérer, un budget annuel de plus de 160 milliards d'euros.