Ce que l'on sait sur l'arrêt des soins à un bébé de 7 mois au CHU d'Angers

Les parents de la petite Ayana, dans le coma depuis début mai, ont accepté l'arrêt de l'aide respiratoire après les conclusions d'un expert.

Julie Pitel et Jason Rivière, les parents de la petite Ayana, le 21 juin 2015, au CHU d'Angers (Maine-et-Loire).
Julie Pitel et Jason Rivière, les parents de la petite Ayana, le 21 juin 2015, au CHU d'Angers (Maine-et-Loire). (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)
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Les parents de la petite Ayana se sont résignés au pire. Après plus d'un mois de combat, ils ont accepté l'arrêt de l'aide respiratoire qui maintenait en vie leur bébé de 7 mois, hospitalisée depuis le début du mois de mai au CHU d'Angers (Maine-et-Loire), après les conclusions d'un expert médical, dimanche 21 juin. Le couple se tourne maintenant vers la justice pour tenter d'établir la responsabilité de ce drame : ils soupçonnent deux vaccins, administrés à la fillette la veille de sa crise de fièvre, et reprochent au Samu de ne pas s'être déplacé cette nuit-là.

Que s'est-il passé la nuit du drame ?

Dans la nuit du 5 au 6 mai, la température de la petite Ayana monte à 42,5°C, et l'enfant est prise de convulsions. Quelques heures plus tôt, elle a reçu, par un médecin de la Protection maternelle et infantile de Sées (Orne), une injection de deux vaccins, l'Infanrix Hexa, un vaccin contesté destiné à lutter contre la coqueluche, l'hépatite B, la polio, le tétanos et la diphtérie, et le Prevenar, contre les infections à pneumocoque.

La mère de l'enfant raconte avoir contacté le Samu de l'hôpital d'Alençon (Orne). Mais il refuse de se déplacer. "La mère a expliqué maladroitement que sa fille tremblait, ils en ont conclu qu'il n'y avait pas de convulsions, ce qui était pourtant le cas", explique Emmanuel Ludot, l'avocat des parents, au Parisien (lien abonnés). Pour lui, la forte fièvre "aurait dû les alerter". Finalement conduite dans la nuit à l'hôpital d'Alençon, elle est transférée au CHU du Mans puis à celui d'Angers. Début juin, l'état du bébé, plongé dans le coma, se détériore.

Pourquoi les parents se sont-ils d'abord opposés à l'arrêt des soins ?

Jeudi 18 juin, les parents engagent un référé pour empêcher l'arrêt des soins sur leur bébé, prévu le lundi suivant. Un changement d'avis de dernière minute, explique le responsable du service de réanimation pédiatrique du CHU d'Angers. Il assure que la décision de "ne pas mettre en œuvre de traitements qui pourraient relever d'une obstination déraisonnable" avait été prise collégialement et en accord avec les parents. "La fillette a des séquelles neurologiques gravissimes, irréversibles, avec un tableau de souffrances, de douleurs extrêmes", détaille le responsable du service. 

Mais les parents demandent l'avis d'un expert pour "déterminer dans quel état est le nourrisson et quelles sont les origines de son état", explique leur avocat. "Si j'avais à débrancher ma fille et que peu de temps après j'apprends qu'il y avait une autre solution, ce serait l'effondrement total", témoigne la mère d'Ayana sur RTL.

Qu'a conclu la nouvelle expertise ?

"Il n'y a plus aucun espoir pour Ayana. Son cerveau est irrémédiablement détruit", a conclu, dimanche, le neurologue désigné par la justice comme expert médical. Un avis auquel se sont rangés les parents, explique leur avocat : "L'expertise a été très utile et a permis aux parents de comprendre la situation dans laquelle ils étaient." "La mort du bébé va être programmée d'ici six à huit jours", a précisé la mère d'Ayana.

Sur qui pèsent les reproches des parents ?

Les parents d'Ayana, tous deux âgés de 22 ans, "sont plus que jamais déterminés à comprendre les responsabilités de chacun dans le drame", a expliqué, dimanche, leur avocat, qui veut désormais "s'atteler à la responsabilité lourde du Samu d'Alençon", qui avait refusé de se déplacer. Dès le lendemain, les parents avaient déposé une plainte pour non assistance à personne en danger. "Cette enfant a eu le cerveau détruit par une hyperthermie maligne. (...) Si cette fièvre avait été traitée en temps et en heure, nous ne serions pas au chevet d'un bébé qui est sur le point de mourir", a lancé l'avocat.

Selon Le Parisien (lien abonnés), les parents d'Ayana et leur avocat sont également convaincus qu'elle a été victime de la combinaison de deux vaccins administrés quelques heures avant sa poussée de fièvre. Le journal cite un pharmacien et lanceur d'alerte, Serge Rader, qui appuie cette thèse : "Dans l'Infanrix Hexa, il y a en réalité six vaccins différents, dans le Prevenar, trois, comment voulez-vous que le système immunitaire d'un nourrisson qui n'est même pas encore formé résiste à un tel choc ?" "Depuis dix ans, l'association de ces deux vaccins ne pose pas de problème particulier", rétorque le directeur du Comité technique des vaccinations.