Les perturbateurs endocriniens contaminent aussi les enfants et représentent un risque sanitaire sérieux

Une étude du magazine "60 millions de consommateurs", dévoilée ce jeudi, révèle que tous les enfants-test sont contaminés par les perturbateurs endocriniens. Ces substances sont partout. Pour tenter d'y échapper, il faut s'armer de patience.

Des enfants à l\'école maternelle, à Lyon en 2013 (illustration).
Des enfants à l'école maternelle, à Lyon en 2013 (illustration). (JOEL PHILIPPON / MAXPPP)
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Sophie AuvigneRadio France

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Les enfants sont eux aussi contaminés par les perturbateurs endocriniens. Deux mois après l'enquête de Générations Futures sur les cheveux de personnalités écologistes, le magazine 60 millions de consommateurs s'est intéressé à nos chères têtes blondes. Son étude, dévoilée vendredi 20 avril, révèle que sur chacun des 43 jeunes cobayes examinés à la loupe, qu'il soit citadin ou rural, on a retrouvé entre 20 et 54 perturbateurs endocriniens. 

"Tous les enfants de notre étude sont contaminés. Ce qui est à craindre, c'est que ce soit l'ensemble de la population des enfants de France qui soit contaminé", indique Victoire N'Sondé qui a mené l'enquête pour 60 millions de consommateurs. 

Même des molécules bannies

Des bisphénols, des phtalates, des pesticides ou encore des métaux lourds : voici quelques-unes de ces molécules suspectes découvertes dans les cheveux des enfants-test. Il y avait même des PCB, interdits depuis 30 ans, et l'insecticide Lindane, banni depuis les années 2000. "On parle de risque sanitaire sérieux", résume Victoire N'Sondé. Enfin, on a retrouvé des bisphénols car c'est l'une des astuces des industriels pour brouiller les pistes : remplacer le bisphénol A, interdit des biberons et contenants alimentaires en France, par le bisphénol S... tout aussi suspect. 

Ces substances chimiques, qui perturbent le système hormonal, s'insinuent dans notre organisme. Elles sont soupçonnées de perturber le développement d'un fœtus et sa fertilité future, de favoriser notamment les cancers, les diabètes et autres problèmes cardiovasculaires.

Ce qui est compliqué c'est que ces perturbateurs endocriniens, on les trouve partout.

Victoire N'Sondé, auteur de l'enquête pour 60 millions de consommateurs

à franceinfo

Ces substances se retrouvent "du sol au plafond et de la cuisine à la chambre à coucher, poursuit Victoire N'Sondé. On en a dans les récipients alimentaires, dans les aliments, dans les cosmétiques, dans certains revêtements de sol, dans l'air intérieur et extérieur".

Quelles solutions ? 

Pour lutter, il n'y a pas de formule magique. Il faut s'armer de patience et examiner à la loupe les étiquettes avant d'acheter. Comme les produits cosmétiques sur lesquels les ingrédients sont détaillés : "C'est fastidieux mais il faut le faire, assure Victoire N'Sondé. Vous écartez le parabène et certains filtres UV". Mais, pour se faciliter la vie, autant acheter bio "parce que toutes ces substances sont interdites dans les produits bio. On ne le dit peut-être pas assez", indique-t-elle.

Autre conseil pour chasser les perturbateurs endocriniens : aérer son logement. "Quand on aère, on chasse les polluants qui sont dans l'air intérieur, explique Victoire N'Sondé. On fait le ménage parce que ces perturbateurs endocriniens se retrouvent dans la poussière." On peut aussi éviter "de trop faire griller ses aliments". 

Pour vraiment changer les choses, Victoire N'Sondé ne voit qu'une solution : ne plus acheter certains produits comme ceux dans lesquels il y a des propyl-paraben ou les revêtements avec du PVC. "C'est une façon de mettre la pression sur le fabriquant", assure-t-elle.

Il faut que le consommateur mette la pression. Il faut refuser d'acheter certains produits.

Victoire N'Sondé, auteur de l'enquête pour 60 millions de consommateurs

à franceinfo

D'ailleurs, c'est bien grâce aux consommateurs que les parabènes ont pratiquement disparu de nos salles de bain. 60 millions de consommateurs publie également un comparateur des propositions des candidats à la présidentielle sur cette question. Reste à aiguillonner l’Union européenne qui cherche depuis des années une simple définition commune des perturbateurs endocriniens, en vain.