Déserts médicaux : l'UFC-Que Choisir soutient l'encadrement de l'installation des médecins

L'association UFC-Que Choisir a demandé aux députés d'adopter une mesure controversée restreignant l'accès des médecins libéraux aux zones déjà suffisament fournies en offre de soins.

avatar
France Télévisions

Mis à jour le
publié le

La mesure avait fait l'objet d'un amendement, adoptée le 19 octobre en commission par les députés, au grand dam du gouvernement, qui y est défavorable. Pour que ce texte soit confirmé, il doit à nouveau être votée à l'Assemblée, où débutait le 25 octobre l'examen de l’amendement. La mesure prévoit qu'un médecin s'installant dans une zone sur-dotée en offre de soins ne pourra être conventionné que s'il remplace un médecin conventionné par la Sécurité sociale.

UFC-Que Choisir appelle les députés à ne pas céder aux lobbies

"Les zones d'accès restreint amèneront les médecins à réinvestir des territoires où les besoins de santé sont immenses", en ville comme à la campagne, fait valoir l'UFC-Que Choisir qui avait dénoncé en juin une "aggravation de la fracture sanitaire". Il s'agit "de mettre fin au dogme de la liberté totale d'installation des médecins, qui doit s'arrêter là où commence le droit des usagers à se soigner", plaide l'association sur son site, fustigeant l'inefficacité des incitations financières dont "se contentent" les pouvoirs publics depuis 2005. "C'est à cette condition seulement que l'on pourra mettre un terme à la désertification", assure-t-elle, appelant les députés "à ne pas céder aux pressions des lobbies médicaux et à confirmer en séance le vote de cette mesure indispensable".

La semaine dernière, les syndicats de médecins libéraux avaient dénoncé une volonté "de contraindre la liberté d'installation" des praticiens et une "inégalité de traitement", l'Ordre des médecins regrettant lui "une fausse solution". "Un des risques majeurs de cette mesure, c’est que certains médecins, et en particulier dans certaines spécialités, disent "Et bien cela ne fait rien, je me déconventionne", ce qui entraînerait "une médecine à deux vitesses", a expliqué le 25 octobre Michèle Delaunay sur LCP, députée PS  de Gironde.