Les pistes de François Hollande pour lutter contre le cancer

Le chef de l'Etat a dévoilé le troisième Plan cancer, pour la période allant de 2014 à 2018. Francetv info liste ses principales ambitions. 

Un médecin prépare son patient en vue d'une IRM, le 6 février 2013 au centre Oscar-Lambret de Lille (Nord), spécialisé dans la lutte contre le cancer. 
Un médecin prépare son patient en vue d'une IRM, le 6 février 2013 au centre Oscar-Lambret de Lille (Nord), spécialisé dans la lutte contre le cancer.  (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

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Alors que 150 000 personnes meurent chaque année d'un cancer, première cause de mortalité en France, François Hollande a dévoilé, mardi 4 février, les grandes lignes du troisième Plan cancer : un éventail de mesures pour la période 2014-2018 doté d'une enveloppe de 1,5 milliard d'euros. 

Le tabagisme en ligne de mire

Un programme national de lutte. Le précédent plan prévoyait de faire passer la part de fumeurs réguliers de 30% à 20% de la population. Elle est finalement de 33%, malgré la hausse du prix du paquet. Fort de ce constat, le président demande à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, de lancer d'ici l'été 2014 "un programme national de réduction du tabagisme".

Pistes évoquées : une meilleure prise en charge par la Sécurité sociale des substituts nicotiniques, ainsi que la création d'un numéro de téléphone unique pour joindre un tabacologue proche de chez soi. La hausse des prix sera également poursuivie, a précisé François Hollande, indiquant que les recettes iront à un fonds dédié à la lutte contre le cancer.

Les adolescents ciblés. Sur ce sujet, François Hollande souhaite aussi mettre l'accent sur les adolescents. Un jeune sur deux qui fume à l'âge de 17 ans meurt avant 60 ans : "Cette phrase doit être répétée partout, et à tous", a martelé le président, rappelant que "le tabac détruit en 15 jours ce que la route, hélas, décime en une année".

Un dépistage plus rapide et généralisé

Pour le cancer du col de l'utérus. François Hollande veut rendre systématique le dépistage de ce cancer, responsable de plus de 1 000 morts chaque année. Pour cela, il insiste sur la généralisation du frottis tous les trois ans "pour [qu'il passe à] 80% des femmes contre 60% aujourd'hui". Le chef de l'Etat a aussi mis l'accent sur le vaccin Gardasil, malgré la polémique qu'il suscite. Il a ainsi annoncé le doublement de la "couverture vaccinale" contre ce cancer d'ici 2021, "ce qui permettra son éradication à terme".

Pour le cancer du colon. En cas de suspicion, une prise en charge de la coloscopie devrait être proposée afin de permettre au patient de ne plus avoir à avancer les frais.

Pour les cancers rares et peu fréquents. "Une double expertise sera requise" afin d'être sûr de bénéficier du meilleur avis possible.

Pour tous les cancers. "Tout retard est un risque", estime François Hollande sur le plan du dépistage. Le chef de l'Etat souhaite donc réduire le délai moyen d'attente pour passer une IRM à 20 jours pas plus d'ici 2017. Il faut actuellement patienter 27 jours environ.

L'accent mis sur les traitements

Davantage d'essais cliniques. Pour favoriser la recherche de traitements, François Hollande souhaite multiplier les essais cliniques, qui impliquent à l'heure actuelle 25 000 patients. Son ambition ? Doubler leur nombre en cinq ans "pour qu'ils concernent tous les cancers (...) et toutes les régions" dont "celles qui sont aujourd'hui les moins concernées", comme l'outre-mer. Des essais thérapeutiques seront aussi effectués sur les 1 700 cancers des enfants.

Un site pour s'informer. En matière de traitements, les patients doivent pouvoir s'informer en comparant "les établissements et les services". François Hollande a ainsi promis la mise en ligne du site national d'information en santé "que notre pays attend depuis de longues années".

Un "droit à l'oubli" pour l'après-cancer

Enfin, François Hollande souhaite permettre aux malades, s'ils le souhaitent, de continuer leur vie active. Un objectif qui passe parfois par "l'aménagement du temps de travail" et la sensibilisation des entreprises "sur les risques de discrimination".

Sur ce point, le président a évoqué un "droit à l'oubli" pour les personnes ayant vaincu la maladie tôt dans leur vie ou ayant guéri d'une forme de cancer à faible récidive. Nombre d'anciens malades rencontrent en effet des difficultés pour contracter des prêts bancaires ou des assurances.