Un syndicat tire à boulets rouges sur les mutuelles étudiantes

La Fage, premier syndicat étudiant, estime que la part complémentaire des mutuelles étudiantes a augmenté de près de 10%. Une hausse "malvenue" alors qu’un tiers des étudiants renoncent à leurs soins pour des raisons financières selon le syndicat.

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Le premier syndicat étudiant, la Fage, a critiqué lundi les mutuelles étudiantes, estimant qu'elles contribuaient à la hausse du coût de la rentrée et enjoignant le gouvernement à rattacher les étudiants au régime général de la sécurité sociale.

Si l'on parle couramment de "mutuelles" étudiantes, il s'agit en fait de la sécurité sociale des étudiants. La loi de 1948 attribue en effet aux sociétés mutualistes administrées par des étudiants la gestion du régime étudiant. Les jeunes choisissent aujourd'hui une des deux mutuelles étudiantes proposées (LMDE ou Société mutualiste étudiante régionale - membres du réseau Emevia ou Smerep pour Paris) pour assurer la gestion de leur régime étudiant de sécurité sociale.

Dans son rapport annuel sur le coût de la rentrée pour les étudiants, la Fage chiffre à près de 10% l'augmentation de la part complémentaire des mutuelles étudiantes, une hausse "malvenue alors que les mutuelles étudiantes sont toujours aussi défaillantes et mettent en danger la santé des étudiants". "Les délais de remboursement sont toujours aussi importants, celui pour obtenir les cartes vitales d'autant plus, leur politique de prévention est dépassée et leur accompagnement quasi inexistant", ajoute la Fage.

Elle réclame un rattachement à la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM) car la situation actuelle "n'est plus tenable", avec un tiers des étudiants qui renoncent à leurs soins, "notamment pour des raisons financières".

Un réseau de mutuelles étudiantes régionales dénonce les "fake news" de la Fage

Pendant sa campagne, Emmanuel Macron avait annoncé vouloir "réformer en profondeur" la sécu des étudiants, déléguée en 1948 à la Mnef (devenue la LMDE) ainsi qu'à une dizaine de mutuelles régionales depuis 1972. Le candidat Macron avait promis "de confier à la Cnamts (Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés) la gestion du régime d'assurance maladie obligatoire de tous les étudiants lorsqu'ils ne sont pas rattachés" à celui de leurs parents. Les mutuelles régionales subiraient ainsi le même sort que la LMDE, adossée depuis octobre 2015 à l'Assurance maladie pour la couverture de base de ses affiliés. A l'époque sa dette s'élevait à 35 millions d'euros. 

Fin août, la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a évoqué la possibilité d'une intégration des étudiants dans le régime général de la sécurité sociale.

Les déclarations de la Fage ont fait bondir le réseau Emevia, qui dénonce les "fake news du syndicat la Fage" et menace de saisir la justice "contre ces allégations mensongères". Seuls 12% des étudiants souscrivent une complémentaire santé auprès des mutuelles étudiantes, selon Emevia. La LMDE rappelle, elle, "sa volonté d'établir un dialogue constructif avec le gouvernement" et "s'étonne" dans un communiqué "de ne pas encore avoir été reçue".

Avec AFP