Selon la revue médicale "Prescrire", la forme et le conditionnement de certains médicaments peuvent conduire à des surdoses toxiques, voire mortelles.
Selon la revue médicale "Prescrire", la forme et le conditionnement de certains médicaments peuvent conduire à des surdoses toxiques, voire mortelles. (ANTOINE ARRAOU / ALTOPRESS / PHOTOALTO / AFP)

Absence de bouchons de sécurité, comprimés sucrés et de couleurs vives, indications insuffisantes : les conditionnements des médicaments exposent encore trop souvent les enfants aux accidents, estime la revue spécialisée indépendante Prescrire dans son numéro de juin. La publication cite le cas du paracétamol, un médicament très prescrit chez les enfants pour le traitement des douleurs ou de la fièvre, qui peut être à l'origine de surdoses toxiques, voire mortelles, en cas d'ingestion accidentelle.

Parmi les conditionnements à risque figurent des formes buvables de paracétamol sans bouchons de sécurité ainsi que des tubes de comprimés orodispersibles (qui se désagrègent en quelques secondes dans la bouche) de marque Efferalganodis sans bouchons de sécurité. Selon une étude effectuée par un centre antipoison suisse sur 203 cas d'ingestion accidentelle de paracétamol par des enfants, ces derniers ont ingéré deux fois plus de comprimés quand la forme était orodispersible.

Des conditionnements dangereux

Au 1er mars dernier, plusieurs médicaments de ce type dosés à 250 mg ou 500 mg de paracétamol étaient commercialisés en France, certains acidulés, fruités, sucrés et pétillants, parfois ressemblant à des pastilles de menthe, note Prescrire. Plus généralement, la revue met en cause les dispositifs doseurs des médicaments pour enfants, dont la grande majorité sont "imprécis et/ou inadaptés" et souvent source d'erreurs de préparation.

Mais le problème ne s'arrête pas aux enfants. Les conditionnements s'avèrent également dangereux pour les femmes enceintes et les enfants à naître, en raison d'étiquetages peu lisibles et de notices insuffisantes. Sur les notices examinées par Prescrire en 2011, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, diclofénac...) ne sont contre-indiqués qu'à partir du sixième mois de grossesse, alors que les données disponibles mettent en évidence un risque accru pour le fœtus dès le premier trimestre. "Ces insuffisances et défauts nuisent à l'efficacité des traitements et à la sécurité des patients", relève Prescrire, qui invite les firmes pharmaceutiques à améliorer les conditionnements.