Semaine du cerveau : les avancées de la recherche à l’honneur

Du 13 au 19 mars prochain se tiendra la 19ème édition de la Semaine du cerveau. L’occasion, pour le public, de découvrir le cerveau et les progrès faits dans la recherche en neurosciences.

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La rédaction d'Allodocteurs.frFrance Télévisions

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Câblage du cerveau, capacité d'apprentissage, mémoire, rôle des émotions, les chercheurs vont faire le point sur les progrès importants réalisés en neurosciences, à l'occasion de la Semaine du cerveau, grand rendez-vous annuel de conférences et d'expositions destiné au grand public.

Plus de 500 chercheurs issus des grands instituts de recherche et du monde hospitalo-universitaire devraient participer à cette campagne d'information gratuite qui débute lundi en proposant des expositions, des films, des conférences grand public, des ateliers et des animations pour enfants dans une trentaine de villes en France.

"Tout se passe sur la base du volontariat, les chercheurs proposent des thèmes à la Société des neurosciences qui garantit la qualité des interventions", explique Roland Salesse, le coordinateur de la semaine.

De 80 à 100 milliards de neurones dans le cerveau

Le cerveau humain est une machine particulièrement complexe, qui compte environ 80 à 100 milliards de neurones assurant la transmission de l'influx nerveux. "Mais ce qui compte ce n'est pas le nombre de neurones, c'est le nombre de connexions ou synapses - jusqu'à 10.000 fois plus élevé - qui continuent à se développer et à se réarranger tout au long de la vie", relève M. Salesse.

Pour M. Girault, président de la Société des neurosciences organisatrice de cette Semaine, l'un des "grands défis" des années à venir sera de mieux connaître le schéma de câblage du cerveau. Grâce aux progrès importants réalisés par l'imagerie médicale ces dernières années, il est déjà possible d’observer ce câblage "au niveau intermédiaire" chez l'homme et de détecter certaines anomalies. Des travaux menés actuellement sur des souris devraient permettre d'avoir à terme "une vision très fine" de l'ensemble du cerveau au niveau microscopique, ajoute le neurobiologiste.

Parmi les autres progrès de la recherche en neurosciences figure la capacité à stimuler de manière très sélective les neurones. C'est le cas avec l'optogénétique, une méthode qui permet de rendre certains neurones photosensibles (sensibles à la lumière) en combinant le génie génétique et l’optique. Des études sont en cours pour utiliser cette technique pour le traitement de certains types de cécité.

​Mémoire, apprentissage et maladies neurodégénératives

Les chercheurs attendent également des retombées de leurs travaux dans le domaine des maladies neurodégénératives comme Alzheimer, ou pour des affections psychiatriques dont le risque augmente "lorsqu'on est en présence d'une combinaison de gènes et de circonstances environnementales particulières (stress, agression)", note M. Girault.

Les apprentissages, les liens entre mémoire et émotion ou encore  l'évolution du cerveau avec l'âge intéressent aussi les scientifiques, une équipe travaillant plus particulièrement sur les corrélations existant entre le développement du cerveau et des fonctions cognitives supérieures comme la conscience de soi.

"Pratiquement tous les neurones ont la capacité d'apprendre", rappelle M. Girault, qui souligne que le cerveau est capable de remodeler ses connexions (on parle de plasticité cérébrale) en fonction de l'environnement et des expériences vécues. Comme après un accident vasculaire cérébral (AVC) lorsque certaines régions compensent une région qui ne fonctionne plus. Avec un bémol, cependant: “tout ne peut pas être compensé, cela dépend de la localisation", note M. Girault.

La recherche avance

Pour autant, "on commence à disposer d'outils qui devraient permettre de réparer beaucoup de choses", résume M. Salesse, lui-même spécialiste des mécanismes olfactifs, qui explique que les odeurs, tout comme la musique,  peuvent aider à réactiver certaines parties de la mémoire. "Les recherches avancent à grands pas dans de nombreux domaines", souligne enfin Jean-Antoine Girault.

L'an dernier, la Semaine du cerveau avait rassemblé entre 35.000 et 40.000 personnes au total, dont de nombreux enfants d'âge scolaire.