Quand la scientologie essaie d'infiltrer la psychiatrie

Une association baptisée "Commission des citoyens pour les droits de l’homme" (CCDH) tente d'alerter l'opinion sur les abus en psychiatrie. Derrière ce noble combat se cache une émanation de l'Eglise de scientologie, considérée comme une secte en France.

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Un nom qui inspire confiance : Commission des citoyens pour les droits de l'homme (CCDH). Un logo qui arbore la balance de la justice. Une noble cause : lutter contre les abus en psychiatrie… Mais la CCDH n'a rien d'une association de défense des patients. Il s'agit d'un appendice de l'Eglise de scientologie.

Cet organisme entend dénoncer les dérives médicales de la psychiatrie. Entre films et tracts, elle se livre à un réquisitoire contre les psychothérapies et les traitements médicamenteux des troubles psychiques. Neuroleptiques et antidépresseurs causeraient des milliers de suicides dans le monde. La CCDH dénonce également les internements qui selon elle seraient "trois à quatre fois plus nombreux en France que dans d'autres pays européens". Elle fustige la prescription de médicaments aux enfants souffrant d'hyperactivité. La CCDH va jusqu'à remettre en cause l'existence même des pathologies mentales : "Les troubles psychiatriques ne sont pas de véritables maladies. Il n'y a pas de tests de laboratoire, de scanners du cerveau, de rayons X ou de tests de déséquilibre chimique qui peuvent confirmer qu'un trouble mental quel qu'il soit vient d'un problème physique", peut-on lire en page d'accueil de son site Internet.

Cette association a été cofondée en 1969 par le psychiatre américain Thomas Szasz et l'Eglise de scientologie qui est considérée comme une secte en France. Ses deux principales structures françaises – la librairie SEL et le Celebrity Centre – ont été définitivement condamnées, en octobre 2013, à des amendes de 200.000 euros à 400.000 euros pour escroquerie en bande organisée.