Premier cas de transmission sexuelle du virus Zika en France

Une femme a contracté le virus du Zika lors de rapports sexuels avec son compagnon de retour d'un voyage au Brésil, un premier cas avéré en France qui illustre la possible transmission par le sperme même si cela reste très rare.

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Ce premier cas depuis l'apparition de l'épidémie en Amérique latine en 2015 a été confirmé samedi 27 février par Marisol Touraine, la ministre de la Santé, lors d'un déplacement en Guyane, où le virus est présent.

Ce cas de transmission par voie sexuelle, détecté il y a quelques jours, "a eu lieu chez une femme qui n'est pas enceinte", a déclaré à l'AFP la ministre. 

La femme "a présenté des signes très classiques de la maladie", a ajouté Marisol Touraine mais "n'a pas été hospitalisée et se porte bien". Selon l'entourage de la ministre, le couple réside en Ile-de-France.

Les antilles et la Guyanne fortement touchées

Si le virus s'est propagé de manière ultrarapide sur le continent sud-américain en 2015, seuls quelques dizaines de cas ont été signalés en Europe et en Amérique du Nord sur des personnes revenant de voyages. 

La transmission par voie sexuelle est très rare, selon les spécialistes. Un cas avait été recensé en 2008 aux Etats-Unis, suite à un voyage au Sénégal, ainsi qu'un cas en Italie en 2014 suite à un voyage en Thaïlande, a indiqué à l'AFP Marie-Claire Paty, chargée de la surveillance du Zika à l'Institut National de veille sanitaire (InVS). Il y avait eu aussi un cas en Polynésie française en 2013/14 lors d'une épidémie qui avait touché environ 30.000 personnes, a précisé la spécialiste, selon qui "14 cas de transmission par voie sexuelle sont en cours d'investigation aux Etats-Unis".

Au vu des risques pour les bébés dont les mères sont contaminées, le Haut conseil de la santé publique a préconisé début février l'usage du préservatif aux femmes enceintes dont le compagnon aurait voyagé dans une zone à risque. A celles vivant des zones infectées, le HCSP recommande de reporter leur projet de grossesse. Ces recommandations existant déjà, "le cas de transmission sur une femme en Ile-de-France ne change rien", a expliqué Marie-Claire Paty.

Dans ce contexte, les femmes enceintes sont particulièrement surveillées et les contrôles lors de dons du sang sont renforcés dans les départements français touchés (Guadeloupe, Martinique, Guyane). La ministre de la Santé a achevé le 28 février en Guyane, un déplacement de cinq jours dans ces trois départements.

En Guyane, seules les communes du littoral sont touchées par l'épidémie. A la mi-février, on comptait dans ce département 790 cas suspects, chiffre qui a presque doublé par rapport au dernier pointage, et 99 cas confirmés, dont dix femmes enceintes.

La Martinique fait, elle, face à une épidémie beaucoup plus forte avec 7.600 cas signalés. La Guadeloupe se trouve "en phase pré-épidémique", avec 35 cas confirmés et 389 cas suspects.