Zika : une femme sur cent infectée en début de grossesse risque d'avoir un bébé atteint de microcéphalie

Ce sont les conclusions d'une étude de l'Institut Pasteur, publiée mercredi.

Un moustique tigre, responsable de la transmission du virus Zika, est étudié dans un laboratoire de Cali (Colombie), le 25 janvier 2016.
Un moustique tigre, responsable de la transmission du virus Zika, est étudié dans un laboratoire de Cali (Colombie), le 25 janvier 2016. (LUIS ROBAYO / AFP)
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Les risques d'avoir un bébé atteint de microcéphalie sont multipliés par 50 chez les femmes infectées par le virus Zika pendant le premier trimestre de leur grossesse. Selon la première étude visant à quantifier ce risque, réalisée par l'Institut Pasteur, une mère infectée à ce stade de la grossesse s'expose à un risque de l'ordre de 1% d'accoucher d'un enfant souffrant de cette grave malformation de la tête. Or, il "n'est que de 0,02% en temps normal", a expliqué le docteur Simon Cauchemez, principal auteur de cette étude publiée mercredi 16 mars dans la revue médicale The Lancet (en anglais). 

"Ce niveau de risque par femme enceinte infectée est plus faible qu'avec d'autres infections virales associées à des lésions cérébrales durant la grossesse", a souligné le biologiste de l'Institut Pasteur. Ainsi, pour la rubéole contractée au premier trimestre de grossesse, le risque de complication grave est de 38% à 100%. 

Le premier trimestre est "le plus critique"

Ces résultats sont néanmoins inquiétants, car contrairement à la rubéole qui affecte moins de 10 femmes enceintes par an en France, la proportion de personnes infectées durant une épidémie de Zika peut dépasser 50%, parfois sans symptômes. 

"Le premier trimestre de la grossesse est le plus à risque, le plus critique", a-t-il encore indiqué.  Ainsi, ces résultats appuient les recommandations de l'OMS demandant aux femmes enceintes de se protéger contre les piqûres de moustiques, particulièrement pendant le premier trimestre de grossesse.