Moustiques transgéniques, insecticides et préservatifs... Cinq mesures pour lutter contre le virus Zika

Alors qu'un cas d'infection a été détecté sur le continent européen, l'OMS et les pays concernés multiplient les recommandations pour tenter d'endiguer la pandémie.

Un médecin prélève du sang à une femme enceinte à l'Institut guatémaltèque de sécurité sociale, dans la ville de Guatemala le 2 février 2016.
Un médecin prélève du sang à une femme enceinte à l'Institut guatémaltèque de sécurité sociale, dans la ville de Guatemala le 2 février 2016. (JOHAN ORDONEZ / AFP)
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Les autorités sanitaires du monde entier cherchent des parades face à un virus qui se propage. Si la plupart des cas de Zika ont été recensés en Amérique du Sud, le virus traverse désormais les océans : jeudi 4 février, une femme enceinte a été diagnostiquée en Espagne. Pour lutter contre la propagation de l'épidémie, les gouvernements mettent en place, tour à tour, diverses mesures pour rassurer et protéger leur population. Francetv info a listé cinq dispositions qui ont été prises pour lutter contre Zika.

Reporter les dons de sang

D'après l'Organisation mondiale de la santé, le virus est transmissible lors de dons de sang. "Avec le risque de nouvelles infections de Zika dans de nombreux pays et le lien possible entre le virus et la microcéphalie et d'autres conséquences cliniques, reporter les dons de sang de ceux revenant de régions où sévit l'épidémie de Zika est jugé comme une mesure de précaution appropriée", a ainsi expliqué le porte-parole de l'OMS.

Le Canada et le Royaume-Uni ont, eux, déjà mis en place des mesures de précaution. Mercredi 3 février, les deux pays ont annoncé que les voyageurs revenant des zones touchées devaient attendre 21 jours pour le Canada et 28 pour le Royaume-Uni pour donner leur sang.

Pulvériser de l'antimoustique dans les avions

Les compagnies aériennes britanniques pulvérisent, elles, de l'antimoustique sur leurs passagers en provenance des régions les plus touchées. Et ce, sur la recommandation du gouvernement, rapporte le Guardian (en anglais)"La désinsectisation consiste à pulvériser un insecticide à l'intérieur de l'appareil pour réduire le risque pour les passagers d'être piqués par des moustiques à l'intérieur", explique le journal britannique.

La ministre de la Santé publique, Jane Ellison, décrit une mesure de précaution : "Je veux rassurer les gens. Le risque pour la population britannique est extrêmement faible", nuance-t-elle. Si aucun cas n'a été constaté au Royaume-Uni, deux personnes, depuis guéries, ont été diagnostiquées en Irlande.

Introduire des moustiques transgéniques

Le Panama, qui compte 50 cas de personnes infectées, est en train d'étudier  la possibilité d'introduire des moustiques génétiquement modifiés, d'après le chef du département d'épidémiologie du ministère de la Santé, Israel Cedeño. "Le seul moyen qui a réellement fait ses preuves pour éliminer ces moustiques est d'éliminer les couvées", souligne-t-il.

L'expérience a en effet déjà été tentée en 2014 dans un village panaméen où des millions de moustiques transgéniques mâles avaient été lâchés afin de s'accoupler avec les femelles et que leurs larves meurent. Cela avait permis une réduction de 93% de la population de moustiques, d'après les promoteurs du projet. 

Se protéger lors de rapports sexuels

Après un cas identifié à Dallas, aux Etats-Unis, chez un patient qui ne s'est pas rendu dans les régions concernées par le virus Zika mais qui a eu des rapports sexuels avec une personne infectée, les services de santé du Texas ont conseillé de se protéger. "Maintenant que nous savons que le virus Zika peut être sexuellement transmis, cela accroît notre campagne de sensibilisation pour éduquer le public sur la manière de se protéger et de protéger les autres, écrivent les autorités sanitaires texanes dans un communiqué. Après l’abstinence, les préservatifs sont la meilleure méthode de prévention de toutes les infections sexuellement transmissibles."

D'après Le Monde, les Centres de contrôle et de prévention des maladies américains (CDC) ont ensuite conseillé aux hommes ayant des rapports sexuels après un voyage dans une zone touchée par l'épidémie de porter un préservatif. Un conseil qu'ont repris les autorités britanniques et irlandaises.

Remettre un éventuel séjour à plus tard

Le Brésil, pays le plus touché avec plus d'un million et demi de cas depuis avril 2015, a quant à lui déconseillé aux femmes enceintes de se rendre aux Jeux olympiques prévus à Rio du 5 au 21 août, en raison des risques pour leurs fœtus. "Le risque est, je dirais grave, pour les femmes enceintes. Donc il n'est évidemment pas recommandé [de venir au Brésil] parce qu'on ne va pas prendre de risques", a déclaré Jaques Wagner, le directeur de cabinet du gouvernement brésilien.

Marisol Touraine, la ministre de la Santé française, a également "recommandé" aux femmes enceintes de différer leurs éventuels séjours "en Martinique, en Guyane et dans les territoires d'outre-mer".